Un texte législatif pour former les élèves à l'IA
Un nouveau projet de loi, présenté par le sénateur démocrate californien Adam Schiff et soutenu par les principaux acteurs de l'intelligence artificielle comme OpenAI, Google et Microsoft, propose d'intégrer l'« IA literacy » dans les programmes scolaires de la maternelle au lycée (K-12).
Intitulé LIFT AI Act (pour *Literacy in Future Technologies Artificial Intelligence*), ce texte vise à financer le développement de ressources pédagogiques, la formation des enseignants et l'évaluation des compétences en IA pour les élèves et les professeurs.
Des financements pour des programmes éducatifs
Selon le texte, la National Science Foundation (NSF) serait chargée d'attribuer des subventions aux établissements d'enseignement supérieur et aux organisations à but non lucratif pour créer :
- Des programmes pédagogiques adaptés à l'IA ;
- Des outils d'évaluation des compétences en IA ;
- Des formations professionnelles pour les enseignants ;
- Des méthodes pour intégrer l'IA de manière responsable dans l'apprentissage.
L'objectif affiché est de préparer les jeunes générations à un monde où l'IA joue un rôle croissant, notamment dans le domaine professionnel.
Un soutien massif de l'industrie technologique
Parmi les signataires de ce projet de loi figurent des géants comme Google, OpenAI, Microsoft et HP, ainsi que des organisations comme l'American Federation of Teachers et l'Information Technology Industry Council.
Dans un communiqué, le sénateur Adam Schiff a souligné l'importance de cette initiative : « Avec l'adoption croissante de l'IA dans tous les secteurs, il est essentiel que nos jeunes et notre main-d'œuvre soient prêts à réussir dans ce paysage en constante évolution. »
Le projet s'inscrit dans la continuité de la National Policy Framework for Artificial Intelligence de l'administration Trump, qui met l'accent sur le soutien à l'éducation et à la formation d'une main-d'œuvre prête pour l'IA.
Des critiques et des inquiétudes
Malgré ce soutien, le projet suscite des réserves, notamment chez les enseignants et les élèves. Plusieurs études montrent que les jeunes généraient déjà des difficultés liées à l'IA, comme le harcèlement en ligne ou la dépendance aux outils d'IA pour les devoirs, ce qui nuit à leur apprentissage et à leur développement social.
En 2023, l'American Federation of Teachers avait annoncé un partenariat de 23 millions de dollars avec Microsoft, OpenAI et Anthropic pour former les enseignants à l'utilisation de l'IA dans la pédagogie. Pourtant, certains craignent que cette intégration ne soit qu'une tentative de normaliser l'IA dans les salles de classe, sans réelle réflexion sur ses conséquences.
Un contexte politique tendu
La NSF, qui serait chargée de mettre en œuvre ce projet, traverse une période de turbulence. Depuis un an, elle est sans directeur après la démission de son précédent titulaire, dans un contexte de réductions budgétaires et de suppressions de postes sous l'administration Trump. La semaine dernière, le président a limogé les 22 membres du National Science Board, l'organe de surveillance de la NSF, sans explication.
Le candidat pressenti pour diriger la NSF, Jim O’Neill, est un financier sans expérience en recherche, ancien collaborateur de Peter Thiel. Cette nomination interroge sur la volonté réelle de l'administration de soutenir la recherche et l'éducation en IA.
Un débat qui dépasse les frontières américaines
Alors que plusieurs pays réfléchissent à l'intégration de l'IA dans les programmes scolaires, ce projet de loi américain soulève des questions plus larges : comment former les jeunes à un outil dont les usages et les risques sont encore mal maîtrisés ? Faut-il accélérer son adoption ou privilégier une approche plus prudente ?
Une chose est sûre : le débat sur l'IA à l'école ne fait que commencer.