Un changement radical dans le casting des microdramas

Il y a encore quelques années, décrocher un rôle dans une microdrama se résumait souvent à envoyer une bande démo via Actor’s Access ou à se faire repérer sur Instagram. Aujourd’hui, avec l’explosion de ce format, des applications comme ReelShort, GoodShort ou MyDrama privilégient des stars du vertical, dotées d’un solide parcours et d’une représentation professionnelle. Le modèle de casting a évolué : fini les messages directs aléatoires, place à un système structuré, inspiré d’Hollywood, avec agents, managers et relations récurrentes.

Un écosystème en pleine maturation

Cette formalisation reflète la croissance fulgurante du secteur, désormais évalué à 11 milliards de dollars. Malgré le scepticisme persistant de certains professionnels d’Hollywood, des directeurs de casting, managers et agents issus du divertissement traditionnel lancent leurs propres départements dédiés aux verticals. Résultat : les plateformes verticales préfèrent désormais travailler avec des représentants pour des contrats plus clairs, des conditions de rémunération et d’utilisation de l’IA mieux définies, ainsi que des directives cohérentes sur les tournages, même si la plupart restent non syndiquées.

Noah Fearnley : l’exemple d’une ascension fulgurante

Parmi les nouvelles stars du format, Noah Fearnley, 26 ans, s’est imposé en 2024. Avec près de 300 000 abonnés sur les réseaux sociaux et des rôles récurrents en tête d’affiche, il incarne cette nouvelle génération d’acteurs. Son influence a même franchi le cap du vertical : il vient d’obtenir un rôle dans American Love Story, la série de Ryan Murphy, où il incarne un mannequin en devenir.

« Les acteurs du vertical arrivent avec leur propre communauté. C’est ce qui intéresse les studios. »
— Karla Rodriguez, responsable casting chez GoodShort

Lors d’une récente interview sur tapis rouge, les fans ont davantage reconnu Fearnley pour ses rôles en microdrama que pour les acteurs traditionnels de la série, soulignant l’engagement unique des audiences verticales.

L’émergence des agences spécialisées

Face à cette demande croissante, certaines agences ont créé des « listes verticales », des pools d’acteurs sélectionnés pour leur régularité et leur popularité. Chez Eris Talent Agency, cette liste compte désormais environ 75 acteurs, principalement en rôles principaux ou secondaires. Pourtant, l’adoption n’a pas été immédiate.

« Notre agence ne voulait pas se lancer dans ce format, raconte Tina Randolph Contogenis, agente chez Eris. Certains craignaient que cela « dilue » notre image. Mais l’équipe vertical a insisté : « Nous voyons la valeur de ce marché. Nous comprenons son potentiel. » »

Six mois plus tard, le virage est confirmé : les acteurs verticaux représentent une nouvelle source de revenus et de visibilité.

Un avenir entre tradition et innovation

Si le secteur reste majoritairement non syndiqué, les contrats se standardisent. Les plateformes verticales cherchent à sécuriser leurs productions en collaborant avec des représentants, garantissant ainsi des conditions plus stables pour les talents. Une évolution qui pourrait, à terme, redéfinir les standards de l’industrie du divertissement.

Source : The Wrap