Les États-Unis font face à une saison des incendies particulièrement précoce et intense. Selon les dernières données, plus de 1,6 million d’acres ont déjà brûlé fin mars, soit 231 % de la moyenne décennale. Cette situation s’explique par des conditions climatiques extrêmes : l’hiver 2023-2024 a été le plus chaud jamais enregistré dans neuf États, tandis que des États comme l’Oregon, le Colorado ou le Montana enregistrent des niveaux de neige historiquement bas.

Un risque sanitaire majeur

Les fumées des incendies, composées de particules fines et de substances toxiques, représentent l’une des principales sources de pollution atmosphérique. Brian Moench, président de Utah Physicians for a Healthy Environment, souligne leur dangerosité : « La pollution de l’air est l’exposition toxique environnementale la plus courante, et la fumée des incendies en est probablement la forme la plus nocive. »

Des études récentes ont confirmé ces craintes. Des chercheurs de l’Université de Californie à Davis et de l’UCLA ont démontré un lien entre l’exposition à la fumée de bois pendant la grossesse et un risque accru d’autisme chez les enfants. Une autre recherche estime que les particules fines issues des incendies causent près de 25 000 décès par an aux États-Unis, sans seuil d’exposition sans risque.

Le masque, une protection efficace mais sous-estimée

Face à cette menace, les experts recommandent le port de masques de protection, notamment les N95, qui filtrent jusqu’à 95 % des particules dangereuses. Même les masques chirurgicaux (68 % d’efficacité) ou en tissu (33 %) offrent une protection partielle.

Pourtant, leur utilisation reste limitée. Les débats sur le port du masque lors de la pandémie de Covid-19 ont laissé des traces, et certains Américains hésitent encore à les adopter.

« Si une personne ne peut éviter la fumée des incendies, elle doit tout faire pour se protéger », insiste Brian Moench.

Des incendies précoces et étendus

La situation est alarmante dans plusieurs régions :

  • Le Nebraska a connu en mars son plus grand incendie de l’histoire, avec 642 000 acres brûlés.
  • Une sécheresse exceptionnelle s’étend du Texas oriental à la Floride, favorisant une activité incendiaire « bien supérieure à la normale » pour la saison des éclairs printaniers.
  • Le National Interagency Fire Center prévoit un potentiel de feux « supérieur à la normale » dans l’Ouest américain.

Un appel à l’action

Les autorités sanitaires rappellent l’importance de se protéger, même après le passage des incendies. Les particules toxiques peuvent persister dans l’air et les poussières, comme l’ont montré les alertes après les feux de Los Angeles en 2025.

Pour les experts, la solution est claire : préparer et porter un masque adapté en cas de pic de pollution. Une mesure simple, mais vitale pour limiter les risques sanitaires liés aux fumées des incendies.