Les efforts du gouvernement Trump et des républicains au Congrès pour affaiblir l’Endangered Species Act, la loi américaine de référence en matière de conservation, viennent de subir un revers majeur. L’un de leurs projets les plus ambitieux et les plus radicaux a été bloqué in extremis.
Les républicains à la Chambre des représentants ont brusquement annulé un vote prévu pour le mercredi 22 avril, à l’occasion du Jour de la Terre, sur une proposition de loi visant à ancrer dans le droit les mesures prises par Donald Trump pour réduire les protections des espèces menacées. Plusieurs élus, notamment ceux représentant des régions dépendantes du tourisme comme le golfe du Mexique, ont exprimé leurs inquiétudes face à ce texte.
Parmi eux, la représentante Anna Paulina Luna (R-Fla.) a marqué son opposition sur les réseaux sociaux : « Ne marchez pas sur mes tortues. Protégé signifie protégé. » Son message, publié la veille du vote annulé, reflète les tensions au sein du parti sur ce dossier sensible.
Cette volte-face illustre les divisions croissantes au sein des républicains sur les questions environnementales, alors que les critiques sur l’impact potentiel de ces réformes se multiplient. Des associations de protection de la nature et des scientifiques avaient déjà alerté sur les risques d’un affaiblissement de la loi, pilier de la biodiversité américaine depuis 1973.
Le projet de loi prévoyait notamment de réduire les zones protégées et de faciliter les projets industriels dans des habitats critiques. Son abandon marque une victoire temporaire pour les défenseurs de l’environnement, mais la bataille pour la préservation de l’Endangered Species Act n’est pas terminée.