En 1997, Mortal Kombat: Annihilation sortait sur les écrans, marquant un sérieux recul par rapport au premier volet de la saga, sorti deux ans plus tôt. Pourtant, c’est une scène en particulier qui a marqué les esprits : celle où une femme vêtue de pourpre, entre deux ninjas en position de combat, s’exclame avec emphase : « Dommage… que TU… vas MOURIR ! » après que son interlocutrice lui ait dit : « Mère… vous êtes vivante. »
Cette réplique, prononcée à peine quatre minutes après le début du film, a suffi à ancrer dans l’esprit des fans l’idée que Annihilation était une suite bâclée, loin de la qualité de son prédécesseur. Pourtant, en le redécouvrant aujourd’hui, à l’aube de la sortie du très attendu Mortal Kombat II, on peut se demander : comment une reine bienveillante, dont le royaume a été corrompu par la magie d’un conquérant universel, annoncerait-elle à sa fille qu’elle est vivante et qu’elle compte envahir notre monde, accompagnée d’une femme à quatre bras et d’un homme mi-centaure, mi-dragon ?
Il est indéniable que Mortal Kombat: Annihilation est un film déjanté, mal écrit et rempli d’effets spéciaux qui, malgré un budget de 30 millions de dollars, semblaient déjà dépassés en 1997. Pourtant, avec le recul, ce nanar assumé rappelle à quel point la saga Mortal Kombat a toujours oscillé entre sérieux et absurdité, comme en témoigne l’existence même de Noob Saibot.
Un scénario chaotique et des changements de casting
Réalisé par John R. Leonetti et écrit par Brent V. Friedman et Bryce Zabel, Mortal Kombat: Annihilation reprend là où s’était arrêté le premier film : la victoire des héros de la Terre (Liu Kang, Sonya Blade et Johnny Cage) contre Shang Tsung lors du tournoi Mortal Kombat n’a servi à rien. Shao Kahn, empereur de l’Outworld, prépare toujours son invasion de la Terre, épaulé par ses généraux : la reine Sindel (Musetta Vander), Sheeva (Marjean Holden), Smoke (Ridley Tsui), Ermac (John Medlen) et Motaro (Deron McBee).
Si l’intrigue reste globalement fidèle à celle du premier volet, les changements de casting sont frappants. Robin Shou et Talisa Soto reprennent leurs rôles respectifs de Liu Kang et Kitana, mais James Remar remplace Christopher Lambert dans celui de Raiden. Sandra Hess prend la place de Bridget Wilson pour incarner Sonya Blade, tandis que Chris Conrad succède à Linden Ashby dans le rôle de Johnny Cage – du moins pour les cinq minutes où ce dernier apparaît avant que Shao Kahn ne lui brise la nuque. Plus tard, Red Williams rejoint le casting en tant que partenaire de Sonya, Jax, remplaçant Gregory Williams qui avait brièvement interprété le personnage dans le premier film.
Ces changements ne sont pas les seuls éléments qui distinguent les deux films. Là où le premier opus, réalisé par Paul W. S. Anderson, mêlait déjà humour involontaire et scénario approximatif, Annihilation pousse le concept encore plus loin. Des personnages comme Sub-Zero, Scorpion ou Reptile, pourtant emblématiques de la saga, peinent à trouver leur place dans une intrigue aussi confuse.
Un film culte malgré ses défauts
Avec le recul, Mortal Kombat: Annihilation apparaît comme un film profondément imparfait, voire risible à certains moments. Pourtant, c’est précisément cette imperfection qui en fait aujourd’hui un objet de culte. Dans un paysage cinématographique où les blockbusters se veulent de plus en plus respectueux et policés, Annihilation rappelle avec nostalgie l’époque où les films d’action pouvaient se permettre d’être déjantés, voire carrément mauvais, sans que cela n’entache leur popularité.
Alors que Mortal Kombat II, réalisé par Simon McQuoid, s’apprête à débarquer dans les salles, Annihilation prouve que parfois, les pires films peuvent devenir les plus mémorables. Et si son héritage reste celui d’un nanar assumé, il n’en reste pas moins un témoignage amusant d’une époque révolue du cinéma d’action.