Barry Levinson, cinéaste acclamé depuis son premier film Diner en 1982, a marqué l’histoire du cinéma avec des œuvres variées et intemporelles. Des drames sportifs comme Le Meilleur (1984) aux aventures ambitieuses comme Jeune Sherlock Holmes (1985), en passant par des comédies historiques comme Good Morning, Vietnam (1987), des drames primés aux Oscars comme Rain Man (1988) ou Bugsy (1991), et des thrillers érotiques comme Révélations (1994).
Ses films ancrés à Baltimore, dont Les Compères (1987) et Avalon (1990), ont également marqué les esprits. Même ses projets moins conventionnels, comme Jouets (1992), restent des objets de fascination. Pourtant, aucun de ses films n’a suscité autant de débats que Sleepers (1996), un thriller choral sur la vengeance et les traumatismes de l’enfance.
À l’occasion du 30e anniversaire de sa sortie, Warner Bros. propose une nouvelle édition 4K Blu-ray, offrant une qualité visuelle et sonore inédite. Levinson revient sur les origines du projet : c’est le producteur Steve Golin qui lui a soumis le roman de Lorenzo Carcaterra, inspiré de faits réels. Le réalisateur a d’abord écrit le scénario avant de le réaliser.
« Je fus immédiatement captivé par l’histoire, sans arrière-pensée. Ce n’était pas un film sur la vengeance en soi, mais sur des adolescents qui volent un chariot de hot-dogs, provoquant un accident les envoyant dans un centre de détention pour mineurs. Là-bas, ils subissent des abus sexuels. Des années plus tard, ils décident de se venger de ceux qui les ont brisés. »
Levinson insiste sur son approche neutre : « Le film ne prend pas parti. Il ne défend aucune position politique. Il montre simplement comment une série d’événements en entraîne une autre, sans jugement. »
Avec un casting prestigieux incluant Brad Pitt, Kevin Bacon, Robert De Niro, Dustin Hoffman, Bruno Kirby, Billy Crudup et Minnie Driver, on pourrait imaginer que les acteurs se sont battus pour obtenir un rôle. Pourtant, Levinson tempère : « Brad Pitt a été enthousiaste, mais son emploi du temps a été un défi. Robert De Niro a été disponible rapidement, tandis que Dustin Hoffman a eu des contraintes de planning. Vittorio Gassman, lui, a dû être rapatrié d’Italie. » Malgré ces obstacles, le tournage s’est déroulé sans encombre.