Les discussions informelles à Washington, des petits-déjeuners aux apéros en passant par les groupes de messagerie, tournent autour d’une même question : qui sera le prochain à être limogé ?
Ces derniers jours, le Pentagone est secoué par une série de départs forcés ou de révocations. Le secrétaire à la Marine, John Phelan, et le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Randy George, ont été écartés, tout comme deux autres hauts responsables militaires. Ces remaniements, civils comme militaires, reflètent des divergences politiques, des désaccords stratégiques et des luttes de pouvoir internes.
Une atmosphère de lycée ?
Un responsable de l’administration a confié à Axios : « C’est la confusion à tous les étages. On se demande ce qui va encore déclencher la prochaine crise, comme dans un film de cour de récré. » Selon lui, les tensions actuelles rappellent les dynamiques toxiques du film Mean Girls : « Tout le monde guette le moindre faux pas qui pourrait tout faire basculer. »
Les tensions entre Phelan et Hegseth
Les relations entre John Phelan et le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, se sont fortement dégradées. Phelan, proche de Donald Trump et grand collecteur de fonds pour sa campagne, entretenait une ligne directe avec le président. Mais ses priorités, comme la réforme de la construction navale, entraient en conflit avec les orientations de Hegseth.
Interrogé sur les tensions entre les deux hommes, un porte-parole du Pentagone s’est contenté de renvoyer vers un communiqué publié sur X, sans donner de raison précise au licenciement.
Un contexte militaire tendu
Ces remous surviennent alors que les forces américaines en Moyen-Orient font face à une pression accrue, notamment après l’escalade des tensions avec l’Iran. Des navires de la Marine et des systèmes de défense aérienne de l’armée de Terre sont déployés dans la région, où la menace est constante.
Un ancien haut gradé militaire a souligné un paradoxe : « Un responsable politique ou un général ne peut être efficace que s’il se sent en confiance et empowered pour prendre des décisions difficiles. Or, cette confiance fait cruellement défaut aujourd’hui. »
Qui sera le prochain sur la liste ?
Le départ de Phelan a relancé les spéculations sur une possible éviction du secrétaire à l’Armée, Dan Driscoll. Hegseth et lui entretiennent des relations publiques tendues. Jusqu’ici, Driscoll bénéficiait d’une protection grâce à sa proximité avec le vice-président Vance. Pourtant, l’amitié personnelle de Phelan avec Trump ne l’a pas sauvé : selon des sources, il aurait été tellement surpris par son limogeage qu’il se serait rendu à la Maison-Blanche pour en avoir confirmation.
Malgré ces remaniements, Pete Hegseth conserverait une position solide au sein de l’entourage de Trump, selon des sources proches du dossier.