Un ministre de la Défense sous l’influence d’un pasteur controversé

Pete Hegseth, secrétaire à la Défense sous l’administration Trump, s’exprime régulièrement sur la guerre en des termes teintés de spiritualité. Il présente les actions militaires américaines en Iran comme bénies par Dieu, évoquant même la résurrection du Christ pour décrire le sauvetage d’un pilote abattu le dimanche de Pâques. Lors d’une conférence de presse, il a cité un verset biblique sur la bénédiction divine accordée à la guerre.

Son engagement religieux se manifeste aussi à travers un tatouage, « Deus vult » (« Dieu le veut »), un slogan historique des Croisades. Ce choix symbolique reflète une vision où la politique et la religion s’entremêlent.

Doug Wilson, mentor spirituel et idéologue

Derrière ces déclarations se trouve Doug Wilson, pasteur évangélique et figure montante du christianisme nationaliste. Wilson, fondateur de l’église Christ Church à Moscow, dans l’Idaho, a vu son influence grandir ces dernières années. Son mouvement, la Communion of Reformed Evangelical Churches, s’étend désormais à travers les États-Unis, avec une antenne récente à Washington.

Wilson défend une théocratie chrétienne où les lois américaines seraient alignées sur les principes bibliques. Ses positions radicales incluent l’interdiction de l’avortement, l’abolition du mariage homosexuel et même la suppression du 19e amendement, qui accorde le droit de vote aux femmes.

« Je n’entends rien de ce qu’il dit qui contredise nos enseignements. Je crois qu’il est un chrétien cohérent et un gentleman. »

— Doug Wilson, pasteur de Pete Hegseth, sur le podcast Today, Explained

Une ascension fulgurante dans les cercles du pouvoir

Longtemps marginalisé, Wilson est désormais courtisé par l’élite conservatrice. Il a récemment dirigé une prière au Pentagone, participé à des émissions comme celles de Tucker Carlson ou Ross Douthat, et pris la parole lors d’événements majeurs comme la National Conservatism Conference.

Son discours séduit une frange de l’électorat conservateur en quête d’un retour aux valeurs chrétiennes dans la gouvernance. Wilson voit en Donald Trump un allié dans cette quête, bien qu’il nuance son soutien :

« Trump est comme une chimiothérapie pour l’Amérique. Il est toxique, mais nécessaire pour éliminer le cancer. Deux tiers du temps, j’aime ce qu’il fait. Un tiers du temps, je me demande : mais que fait-il ? »

Une vision théocratique qui divise

Les positions de Wilson et Hegseth soulèvent des questions sur la séparation de l’Église et de l’État aux États-Unis. Leur alliance illustre une tendance croissante du conservatisme américain à mêler religion et politique, avec des implications majeures pour l’avenir du pays.

Alors que Wilson gagne en visibilité, ses détracteurs dénoncent une dérive dangereuse vers une gouvernance théocratique. Ses propositions, comme l’abolition du 19e amendement, rappellent les débats historiques sur les droits des femmes et la démocratie.

Pour aller plus loin

Pour écouter l’intégralité de l’entretien entre Doug Wilson et Noel King sur le podcast Today, Explained, rendez-vous sur les plateformes comme Apple Podcasts, Pandora ou Spotify.

Source : Vox