Cole Allen, un Californien de 31 ans, a été officiellement inculpé cette semaine pour tentative d’assassinat du président des États-Unis. Selon ses propres aveux, il s’était armé et avait tenté de franchir les dispositifs de sécurité lors du dîner des correspondants de la Maison-Blanche, organisé ce week-end au Washington Hilton.

Les détails de l’affaire restent flous : on ignore notamment si Allen a tiré son arme dans les sous-sols de l’hôtel. Pourtant, une conclusion s’impose : tenter d’assassiner un président est une erreur, et ce, pour plusieurs raisons.

D’abord, parce que le meurtre est un acte criminel et moralement condamnable. Ensuite, parce que tuer le président américain relève de l’impossible : protégé en permanence par des gardes armés et entraînés, il est quasi certain que toute tentative échouera. Enfin, et surtout, les conséquences seraient dramatiques. Non seulement l’échec serait inévitable, mais la vie du candidat à l’assassinat serait irrémédiablement brisée.

Cependant, l’affaire Allen soulève des questions plus profondes, liées à l’ère Trump. Son profil diffère de celui des tireurs de masse récents : pas de quête de gloire, pas de rhétorique enflammée. Dans son manifeste, il exprime des regrets envers ses proches et semble conscient de l’absurdité de son acte. Pourtant, sa motivation est troublante : un sentiment de blessure morale.

Selon David Wood, du Huffington Post, spécialiste des traumatismes des soldats après leurs missions, la blessure morale se définit comme « le sentiment que sa compréhension fondamentale du bien et du mal a été violée, entraînant deuil, engourdissement ou culpabilité ». Allen écrit : « Je suis citoyen des États-Unis. Ce que font mes représentants me concerne. Je ne suis plus prêt à laisser un pédophile, un violeur et un traître salir mes mains avec ses crimes. »

Pour lui, la corruption évidente de Donald Trump le rend complice de ses actes. Il ajoute : « Tourner l’autre joue quand autrui est opprimé n’est pas un comportement chrétien, c’est une complicité avec les crimes de l’oppresseur. »

Cette logique est inquiétante : et si d’autres partageaient ce sentiment ? Et si certains, poussés par l’impunité des élites et l’injustice perçue, étaient tentés de passer à l’acte ? L’affaire Allen illustre les dangers d’une époque où la corruption politique semble sans limites et où la justice tarde à s’appliquer.