Le détroit d'Ormuz rouvert, les marchés financiers réagissent

Les prix du pétrole ont plongé de plus de 10 % vendredi, tandis que les marchés boursiers américains ont atteint de nouveaux records. Cette réaction fait suite à l'annonce par l'Iran de la réouverture du détroit d'Ormuz au trafic des pétroliers commerciaux transportant du pétrole depuis le golfe Persique vers les clients du monde entier.

Wall Street en pleine euphorie

L'indice S&P 500 a bondi de 1,5 %, clôturant une troisième semaine consécutive de gains importants. Il s'agit de la plus longue série de hausses depuis Halloween. Cette réouverture du détroit d'Ormuz, même temporaire, a été perçue comme un signal clair d'optimisme par les investisseurs.

Le Dow Jones Industrial Average a gagné 1 130 points, soit 2,3 %, à 12 h 52 (heure de l'Est), tandis que le Nasdaq progressait de 1,7 %. Depuis fin mars, le marché boursier américain a progressé de plus de 12 %, porté par l'espoir d'un accord entre les États-Unis et l'Iran pour éviter un scénario catastrophe pour l'économie mondiale.

Les déclarations de Trump et de l'Iran

Le président américain, Donald Trump, a déclaré jeudi soir que la guerre « devrait se terminer très bientôt ». Peu après l'annonce de la réouverture du détroit par le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, sur X (ex-Twitter), le prix du baril de pétrole américain a chuté de 12,2 % pour atteindre 83,18 dollars. Le Brent, référence internationale, a reculé de 10,4 % à 89,01 dollars.

« Le passage pour tous les navires commerciaux à travers le détroit est déclaré complètement ouvert. »
Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères

Trump a également réaffirmé sur son réseau social que le blocus naval américain des ports iraniens reste « en pleine force » jusqu'à ce qu'un accord soit trouvé. Il a ajouté que les négociations devraient « aller très vite », car « la plupart des points sont déjà négociés ».

Secteurs économiques gagnants

La chute des prix du pétrole a bénéficié à plusieurs secteurs. Les compagnies aériennes, fortement exposées aux coûts du carburant, ont vu leurs actions s'envoler. United Airlines a progressé de 9,2 %. Jeudi, la directrice de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) avait averti que l'Europe ne disposait que de « peut-être six semaines » de réserves de carburant pour avions.

Les entreprises de croisières, grandes consommatrices de carburant, ont également profité de cette baisse. Norwegian Cruise Line a gagné 8,1 %, tandis que Royal Caribbean Group a progressé de 10,3 %. Les secteurs de l'immobilier et de l'automobile ont également été soulagés par la baisse des prix du pétrole, réduisant les pressions inflationnistes.

Un soulagement temporaire ?

Malgré cette embellie, les prix du pétrole restent supérieurs à leur niveau d'avant-guerre (environ 70 dollars le baril), indiquant une prudence persistante sur les marchés. Depuis le début du conflit, les espoirs d'une résolution rapide ont souvent été suivis de doutes, entraînant des fluctuations brutales des prix de l'énergie, des actions et des obligations.

La réouverture du détroit d'Ormuz, bien que temporaire, marque un tournant dans les tensions géopolitiques et offre un répit bienvenu aux économies mondiales.