Le sommet entre le président américain et le président chinois a capté l’attention mondiale ces derniers jours. Pourtant, aujourd’hui, nous abordons un sujet plus personnel : les contradictions du capitalisme.

Oui, le système capitaliste a sorti des centaines de millions de personnes de la pauvreté et amélioré les niveaux de vie. Mais il a aussi ses revers. Voici trois exemples concrets de ses dérives, suivis d’une lueur d’espoir portée par une entreprise médiatique indépendante.

Le hockey sur glace jeunesse : un terrain de jeu devenu marché captif

Chaque sport a ses particularités. Le football, par exemple, est profondément ancré dans la culture américaine : il nécessite équipements, espace et organisation. Impossible de le pratiquer sans infrastructure. En cela, il incarne les valeurs américaines.

Le soccer, lui, se joue avec un ballon et presque rien d’autre. Une rue, un champ, un bout de trottoir suffisent. Peu importe le nombre de joueurs. Cette simplicité explique son succès mondial.

Mais le hockey sur glace, surtout chez les jeunes, révèle une autre réalité : celle d’un sport devenu victime de la « corporatisation » du marché libre. Une enquête du USA Today met en lumière le cas de Black Bear, une entreprise qui a transformé ce loisir traditionnel en un système payant et exclusif.

Black Bear : la mainmise d’un géant sur le hockey jeunesse

Murry Gunty, ancien investisseur en private equity et diplômé de Harvard Business School, a bâti un empire autour du hockey jeunesse. Via sa société Black Bear Sports Group, il a racheté des patinoires et des équipes dans le Nord-Est et le Midwest américain, puis imposé un écosystème coûteux : ligues, tournois, frais d’inscription et même logiciels de streaming payants.

Résultat : des prix en hausse, des choix réduits, et une concentration du pouvoir entre les mains d’une seule entreprise. Les familles doivent débourser des centaines de dollars supplémentaires chaque année, sous peine d’être exclues.

Voici ce que révèle l’enquête du USA Today :

  • Black Bear est le plus grand propriétaire-exploitant de patinoires aux États-Unis.
  • L’entreprise possède des centaines d’équipes jeunesse à but lucratif.
  • Elle contrôle également les ligues, les tournois et les showcases où ces équipes s’affrontent.
  • Elle détient même le logiciel de streaming utilisé par les parents pour suivre les matchs.

Le modèle repose sur l’accès : une fois Black Bear propriétaire des patinoires, elle utilise son monopole pour imposer des conditions aux clients qu’elle ne possède pas. Par exemple, dans une patinoire rachetée, l’entreprise peut restreindre l’accès aux équipes locales non affiliées, forçant les familles à payer pour ses propres programmes ou à renoncer au sport.

« Ce n’est plus du hockey. C’est une machine à profits qui transforme un sport communautaire en un produit de consommation. » — Extrait de l’enquête du USA Today

Deux autres exemples de l’envers du capitalisme

Le cas de Black Bear n’est pas isolé. Le capitalisme, lorsqu’il devient prédateur, peut corrompre des secteurs entiers. Voici deux autres domaines où ses excès se manifestent :

1. L’immobilier et la spéculation sur le logement

Dans de nombreuses villes, des fonds d’investissement rachètent des logements pour les transformer en locations à prix d’or, vidant les quartiers de leurs habitants historiques. Les loyers explosent, et l’accès à la propriété devient un luxe inaccessible pour une classe moyenne déjà fragilisée.

2. La santé : quand les médicaments deviennent une marchandise

Les laboratoires pharmaceutiques fixent des prix exorbitants pour des traitements essentiels, tandis que les assurances privées imposent des franchises et des exclusions. Résultat : des millions de personnes renoncent à des soins vitaux par manque de moyens.

Une lueur d’espoir : l’indépendance médiatique

Face à ces dérives, certaines initiatives résistent. C’est le cas de médias indépendants qui, grâce à l’espace offert par le marché libre, ont pu émerger et proposer des alternatives aux grands groupes contrôlés par des intérêts financiers.

Ces entreprises, souvent dirigées par des journalistes passionnés, misent sur l’abonnement, les dons ou les modèles participatifs pour rester libres de toute influence. Elles rappellent que le capitalisme, s’il est encadré, peut aussi être un levier pour l’innovation et la diversité.

En conclusion, le capitalisme n’est ni tout blanc ni tout noir. Il peut être un moteur de progrès, mais aussi une source d’inégalités lorsqu’il est laissé sans contrôle. Les exemples de Black Bear et d’autres secteurs montrent qu’il est urgent de repenser les règles du jeu pour préserver l’équité et l’accès à des activités essentielles comme le sport ou la santé.

Source : The Bulwark