Le secrétaire au Commerce Howard Lutnick a été convoqué une nouvelle fois devant la commission d’enquête de la Chambre des représentants hier, pour répondre à des déclarations contradictoires concernant ses relations passées avec Jeffrey Epstein. Lors de son audition à huis clos, les républicains de la commission n’ont pas pris sa défense : « Je n’ai pas vu de preuve de faute dans les échanges par e-mail, mais il n’a pas été totalement honnête sur sa présence sur l’île », a déclaré le président James Comer aux journalistes.
Les démocrates, eux, ont été sans pitié : « Après ce que nous avons vu, je peux affirmer sans hésiter que Howard Lutnick est un menteur pathologique qui participe à l’une des plus grandes dissimulations de l’histoire américaine », a lancé la représentante Yassamin Ansari.
Pendant ce temps, à Washington, une autre polémique éclatait : Donald Trump a ordonné la démolition de l’aile Est de la Maison-Blanche, sans consultation préalable du Congrès, des autorités de préservation historique ou du public. Une décision symbolique qui en dit long sur sa vision du pouvoir.
Des millions d’Américains descendent dans la rue pour dire « Non aux rois »
Le 18 octobre 2025, entre 5 et 7 millions de manifestants ont défilé sous la bannière « No Kings », rejetant toute idée d’un pouvoir monarchique aux États-Unis. Une mobilisation massive et pacifique, loin des prédictions alarmistes du président de la Chambre, Mike Johnson, qui avait évoqué la présence de « partisans du Hamas, d’Antifa et de marxistes ».
Contrairement à ses craintes, les rassemblements ont été profondément ancrés dans les valeurs américaines : « Les gouvernements tirent leurs justes pouvoirs du consentement des gouvernés », rappelait la Déclaration d’indépendance, tandis que la Constitution garantit « le droit des citoyens de s’assembler pacifiquement et de demander réparation au gouvernement ».
Face à cette démonstration de force civique, les détracteurs du mouvement n’ont eu d’autre choix que de se taire.
Trump riposte : la Maison-Blanche devient son domaine privé
Deux jours plus tard, le 20 octobre, des bulldozers ont commencé à raser l’aile Est de la résidence présidentielle pour y construire une salle de bal dorée. Une décision prise sans concertation, illustrant la volonté de Trump de transformer la Maison-Blanche en symbole de son pouvoir personnel.
Cette initiative, à la fois anti-démocratique et anti-républicaine, reflète aussi une obsession personnelle. Comme l’a analysé Timothy Devinney, cette salle de bal s’inscrit dans ce qu’il qualifie de « complexe d’édifice » : un besoin compulsif de construire des monuments grandioses pour compenser un sentiment d’insécurité ou de manque de légitimité.
Pour Trump, la Maison-Blanche n’est plus la maison du peuple américain, mais la sienne. Une transformation unilatérale qui marque un tournant dans l’histoire de la présidence.