La correspondante de « 60 Minutes », Sharyn Alfonsi, ne verra pas son contrat renouvelé par CBS News. Son départ est prévu pour la fin mai 2024, selon Page Six, après un conflit éditorial avec la rédactrice en chef Bari Weiss.

Alfonsi, toujours en poste ce mois-ci, aurait déjà engagé l’avocat spécialisé en droit du divertissement Bryan Freedman – connu pour avoir négocié les départs de figures médiatiques comme Megyn Kelly, Don Lemon ou Tucker Carlson – afin de discuter de sa situation professionnelle.

Un porte-parole de CBS News a refusé de commenter cette information. Ni Alfonsi ni Freedman n’ont encore répondu aux demandes de TheWrap.

Cette annonce survient alors que Bari Weiss prépare des changements majeurs pour le magazine d’information, dont la fin de saison est prévue ce mois-ci.

Un reportage controversé sur les déportations de migrants vénézuéliens

Le conflit entre Alfonsi et Weiss trouve son origine dans un reportage intitulé « Inside CECOT », consacré aux déportations de migrants vénézuéliens vers une méga-prison au Salvador. Selon Alfonsi, Weiss aurait bloqué la diffusion du segment, initialement programmé, quelques heures avant sa diffusion, invoquant des raisons politiques plutôt qu’éditoriales.

« Si la règle pour diffuser un reportage est que le gouvernement doit accepter une interview, alors l’État prend le contrôle de la diffusion de « 60 Minutes ». Nous passons d’un média d’investigation puissant à un simple porte-parole de l’État », avait-elle déclaré à ses collègues en décembre.

Weiss, de son côté, a justifié ce report en évoquant l’absence de réponses officielles de l’administration Trump, bien que cette décision ait suscité des suspicions d’ingérence corporate, notamment dans le cadre de l’acquisition de Warner Bros. Discovery par Paramount. Weiss a finalement reconnu avoir commis une erreur en retirant le segment au dernier moment, tout en réaffirmant que le reportage nécessitait des améliorations.

Le segment a finalement été diffusé le mois suivant, mais des tensions persistent entre les deux parties. Lors de la remise du prix Ridenhour Courage au National Press Club de Washington, Alfonsi a qualifié l’incident de « symptôme d’une maladie plus large » : « l’ingérence corporate et la peur éditoriale ».

« Mon espoir, ces derniers temps, était encore de garder mon poste », avait-elle ironisé.

Source : The Wrap