Dans un récent numéro de sa newsletter Biotech Scorecard, le journaliste Adam Feuerstein, connu pour ses analyses critiques, s’interroge sur la crédibilité du traitement CNM-Au8 développé par Clene pour lutter contre la sclérose latérale amyotrophique (SLA).
Ce produit, présenté comme une « suspension aqueuse hautement concentrée de nanocristaux d’or catalytiquement actifs et à surface propre », n’est autre que de la poussière d’or micrométrique diluée dans de l’eau. Une formulation qui, selon Feuerstein, soulève des questions légitimes sur son potentiel thérapeutique.
Le CNM-Au8 a déjà fait l’objet d’essais cliniques, notamment une étude de phase 2 publiée en 2021, suggérant une possible amélioration des fonctions neurologiques chez certains patients. Cependant, ces résultats restent controversés et n’ont pas convaincu la communauté scientifique. Plusieurs experts ont pointé du doigt l’absence de mécanismes biologiques clairs expliquant comment des nanoparticules d’or pourraient agir sur une maladie aussi complexe que la SLA.
Feuerstein, qui n’hésite pas à qualifier ses analyses de « Mean Adam » (Adam le sévère), rappelle que l’histoire de la médecine regorge d’exemples de traitements prometteurs mais finalement inefficaces, voire dangereux. Il cite notamment les cas de la thérapie par cellules souches ou de certains médicaments contre le cancer dont les promesses initiales n’ont pas été tenues.
Clene, de son côté, défend son approche en mettant en avant des données précliniques et des mécanismes d’action innovants. La société affirme que les nanocristaux d’or pourraient protéger les neurones en réduisant le stress oxydatif et en améliorant la fonction mitochondriale. Pourtant, ces hypothèses restent à confirmer par des essais cliniques rigoureux et indépendants.
Alors que des milliers de patients atteints de SLA attendent désespérément un traitement efficace, le débat autour du CNM-Au8 illustre les défis auxquels est confrontée la recherche médicale : comment distinguer l’espoir de la réalité dans un domaine où les désillusions sont fréquentes ?