Une journaliste aux multiples talents
Dasha Burns, 34 ans, s'apprête à endosser un nouveau rôle majeur au sein de Politico : celui d'Ancre Globale, à partir de mai 2025. Mais cette nomination s'ajoute à une liste déjà impressionnante de responsabilités au sein du média politique américain. Burns cumule en effet les fonctions de cheffe du bureau de la Maison Blanche, de correspondante principale du célèbre bulletin matinal Playbook, et d'animatrice de l'émission dominicale The Conversation, qui a accueilli des personnalités comme Volodymyr Zelensky, JB Pritzker ou encore Bill Gates.
Son parcours ne s'arrête pas là : elle modère également l'émission hebdomadaire Ceasefire sur C-SPAN, où deux opposants politiques débattent de manière civilisée à l'antenne. Une diversité de rôles qui lui vaut désormais le surnom de « Marco Rubio de Politico », en référence aux multiples fonctions du secrétaire d'État américain et aux innombrables mémes qui en découlent.
Politico mise sur le modèle du « créateur »
L'arrivée de Burns chez Politico en décembre 2024 marque un tournant stratégique pour le média, alors que l'entreprise tente de se réinventer face à l'évolution des habitudes de consommation de l'information. Jonathan Greenberger, qui a recruté Burns après une décennie passée à ABC News, a été nommé rédacteur en chef en mars 2025. Ensemble, ils incarnent cette volonté de transformer les journalistes en véritables « créateurs de contenu », capables de s'adresser au public à travers plusieurs plateformes.
Cette approche n'est pas isolée à Politico. D'autres médias washingtoniens adoptent des stratégies similaires : Axios confie à ses journalistes de terrain des interviews filmées pour son émission The Axios Show, tandis que le Washington Post a lancé WP Creator, une franchise mêlant newsletter et compte TikTok animé par Dylan Wells. Même NOTUS, fondé par l'ancien cofondateur de Politico Robert Allbritton, a lancé son propre podcast vidéo, On NOTUS.
Une présence multimédia pour une information en temps réel
Burns puise son inspiration dans une expérience marquante : la couverture de l'attentat raté contre Donald Trump lors d'un meeting à Butler, en Pennsylvanie. Pendant près de huit heures, elle a relayé en direct les événements, une expérience qui a renforcé sa conviction que l'information doit être immédiate, accessible et engageante.
« L'objectif est d'être à la fois à la télévision, dans les oreilles et dans les boîtes mail », explique-t-elle. « C'est vers ce modèle que nous nous dirigeons tous. Je veux aider Politico à y parvenir et entraîner l'ensemble de la rédaction dans cette dynamique. »
Un virage stratégique pour Politico
Avec Burns à sa tête, Politico entend accélérer sa transition vers un modèle multimédia. Son rôle d'Ancre Globale consistera à étendre la couverture journalistique de l'entreprise au-delà des articles traditionnels, en misant sur des formats vidéo et audio innovants. Une stratégie qui s'inscrit dans la continuité des efforts de Greenberger pour moderniser le média, tout en capitalisant sur l'expertise de Burns en matière de storytelling et d'engagement du public.
L'avenir de l'information politique
« Politico a toujours eu les graines de cette transformation. Notre défi est de cultiver ces graines pour en faire une forêt. »
Alors que les médias traditionnels font face à la concurrence des réseaux sociaux et des plateformes de streaming, l'expérience de Burns illustre une tendance forte : l'émergence de journalistes polyvalents, capables de s'adapter à tous les formats. Une évolution qui pourrait bien redéfinir les standards de l'information politique à l'ère numérique.