Le 10 mai 2026, les services de santé extérieurs espagnols de Tenerife, dans les îles Canaries, ont accueilli des passagers du paquebot MV Hondius après leur débarquement. Parmi eux, dix-huit Américains ont été rapatriés aux États-Unis, mais leur retour ne marque pas la fin de l’inquiétude : trois passagers sont décédés des suites d’une infection au hantavirus, un virus généralement transmis par les rongeurs.
Un virus rare, mais aux conséquences graves
Le hantavirus est en réalité une famille de quarante virus différents, principalement propagés par le contact avec les excréments, l’urine ou la salive de rongeurs infectés. Seuls certains rongeurs, comme la souris des bois, sont porteurs de cette maladie, principalement dans le sud-ouest des Amériques. Contrairement à certaines craintes relayées sur les réseaux sociaux, tous les rongeurs ne transmettent pas le hantavirus.
Dans le cas de cette épidémie à bord du MV Hondius, la transmission interhumaine reste exceptionnelle. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a d’ailleurs rappelé que le risque mondial lié à ce virus reste faible. Pourtant, la situation a suscité l’inquiétude, notamment en raison du nombre de décès et de la quarantaine imposée aux passagers.
Quarantaine et surveillance médicale
Les passagers américains, après leur débarquement, ont été placés dans un centre de confinement situé au Nebraska, géré par l’Université du Nebraska. Ce centre, le seul financé par le gouvernement américain à même de traiter des cas d’exposition à des virus émergents ou pathogènes, a pour mission de surveiller et évaluer leur état de santé.
Les passagers ne sont pas contraints de rester dans ce centre, mais une quarantaine de 42 jours leur est recommandée. Cette durée, inhabituellement longue, reflète la gravité potentielle de l’infection. Les autorités sanitaires décideront, en collaboration avec les équipes médicales, du lieu où les passagers achèveront leur quarantaine.
Un virus à ne pas confondre avec une pandémie
Face à la psychose suscitée par cette épidémie, Laurel Bristow, chercheuse en maladies infectieuses à l’École de santé publique Rollins d’Emory et animatrice de l’émission radio Health Wanted, a tenu à rassurer : cette situation ne justifie en rien une panique généralisée.
« Ce n’est pas une raison de s’affoler. Le risque de transmission interhumaine est extrêmement faible, et les mesures de confinement mises en place sont proportionnelles à la situation. »
Elle a également précisé que le hantavirus des Andes, responsable de cette épidémie, est le seul variant connu pour être transmissible entre humains. Cependant, même dans ce cas, la propagation reste très limitée.
Que retenir de cette épidémie ?
- Le hantavirus n’est pas une maladie courante : il touche principalement les zones rurales du sud-ouest des États-Unis et de l’Amérique du Sud.
- La transmission interhumaine est rare : elle n’a été documentée que dans le cas du variant andin.
- Les mesures de précaution sont justifiées : une quarantaine de 42 jours peut sembler longue, mais elle vise à éviter toute propagation.
- Pas de panique : l’OMS et les experts s’accordent à dire que le risque mondial reste faible.
Pour en savoir plus, écoutez l’interview complète de Laurel Bristow dans l’émission Today, Explained, disponible sur Apple Podcasts, Spotify et Pandora.