Des élus fédéraux démissionnent, le harcèlement sexuel persiste dans les États
Deux membres du Congrès américain, Eric Swalwell et Tony Gonzales, ont démissionné la semaine dernière à la suite d’enquêtes indépendantes du Comité d’éthique de la Chambre des représentants pour harcèlement sexuel présumé. Hier, ce même comité a révélé avoir lancé plus de 20 enquêtes depuis 2013 pour faute professionnelle, dont la plupart n’ont pas abouti à des démissions.
Un rapport accablant sur les assemblées législatives des États
Une étude récente de la National Women’s Defense League (NWDL), une organisation luttant contre le harcèlement sexuel en milieu professionnel, révèle que 162 élus des États américains sont accusés de harcèlement sexuel entre 2013 et 2026. Ces accusations concernent 424 incidents, dont six en 2025 seulement, impliquant des élus de tous bords politiques.
Des chiffres qui sous-estiment l’ampleur du problème
Selon Sarah Higginbotham, co-directrice de la NWDL, ces chiffres ne reflètent qu’une infime partie de la réalité : «
Les données publiques ne représentent que la partie émergée de l’iceberg. Beaucoup de victimes n’osent pas parler par crainte de représailles. Ces chiffres minimisent l’ampleur des dommages.»
Un phénomène bipartisan et systémique
Le harcèlement sexuel dans les assemblées législatives touche autant les républicains que les démocrates. 93 % des élus accusés sont des hommes, et la grande majorité des victimes sont des femmes. Aftyn Behn, élue démocrate du Tennessee, a partagé un exemple frappant : «
Hier, une collègue républicaine s’est avancée vers la tribune pour présenter son projet de loi. Un collègue l’a sifflée. Tout le monde a entendu, mais personne n’a réagi. On a fait comme si de rien n’était.»
Une baisse des signalements inquiétante
Emma Davidson Tribbs, co-directrice de la NWDL, s’alarme d’une diminution des signalements depuis le mouvement #MeToo : «
Cette baisse est un signe inquiétant. Elle reflète un manque de confiance dans les mécanismes de responsabilité.» Les récents scandales pourraient relancer le débat sur la protection des victimes.
Des avancées législatives, mais des lacunes persistantes
Cinq États ont adopté cette année des lois renforçant la lutte contre le harcèlement sexuel dans les législatures locales. Cependant, la plupart des États manquent encore de protections efficaces, comme des systèmes de signalement confidentiels ou une transparence accrue sur les enquêtes. Abby Major, élue républicaine en Pennsylvanie, a déclaré : «
Nous devons garantir que personne n’ait à choisir entre sa sécurité et son emploi.»