Le ministère de la Justice américain a récemment déposé un recours pour tenter de lever l’injonction judiciaire qui empêche la construction d’une immense salle de bal par Donald Trump sur l’emplacement de l’ancienne aile Est de la Maison-Blanche. Cette démarche, qualifiée de « motion pour un jugement indicatif », a été déposée lundi soir devant le tribunal de district de Columbia par le procureur général par intérim, Todd Blanche.

Blanche demande au juge Richard Leon de reconsidérer sa décision du 31 mars, qui avait bloqué le projet en l’absence d’approbation du Congrès. Pourtant, cette demande semble peu pertinente : la Cour d’appel du circuit de Columbia examine déjà le recours de Trump contre cette injonction et a, en attendant, suspendu son application. De plus, le juge Leon avait déjà rejeté, le 16 avril, une précédente motion visant à lever l’injonction.

L’argumentaire de Blanche, jugé particulièrement excessif, s’apparente davantage à un texte issu du compte Truth Social de Trump qu’à un document juridique conventionnel. Dès son introduction, il s’attaque au National Trust for Historic Preservation, l’organisation à l’origine de la demande d’injonction acceptée par le juge Leon. Le texte commence ainsi :

« 'Le National Trust for Historic Preservation' est un beau nom, mais même ce nom est FAUX, car lorsqu’on ajoute les mots 'aux États-Unis', cela donne l’impression qu’il s’agit d’une agence gouvernementale, ce qui n’est pas le cas. En réalité, les États-Unis ont refusé de le financer en 2005 en raison de désaccords profonds avec sa mission. Ce trust nuit à notre pays. Il bloque de nombreux projets utiles et en endommage d’autres. Dans ce cas précis, il cherche à stopper un projet essentiel à la sécurité nationale et à la protection de tous les présidents américains, actuels et futurs, ainsi que de leurs familles, collaborateurs et membres du Cabinet. »

Le texte de 535 mots poursuit sur ce ton, accusant les dirigeants du National Trust de souffrir du « Trump Derangement Syndrome » (TDS) et mentionnant leur avocat, Gregory Craig, qui a également représenté Barack Obama. Blanche évoque ensuite l’incident survenu samedi soir au Washington Hilton, où un tireur a été neutralisé avant de pouvoir atteindre un événement sponsorisé par l’Association des correspondants de la Maison-Blanche. Pour le DOJ, cet « échec de peu », considéré comme la troisième tentative d’assassinat contre Trump depuis 2024, prouve la nécessité d’un espace sécurisé pour les grands événements présidentiels.

Selon Blanche, l’injonction du tribunal est « intolérable », « insoutenable » et « injustifiable ». Il affirme que la salle de bal est indispensable à la sécurité nationale, car elle protégerait l’aile Est de la Maison-Blanche, aujourd’hui exposée, et offrirait des mesures de sécurité modernes pour le président, sa famille, son Cabinet, ses collaborateurs et les visiteurs. Le projet, selon lui, garantirait la tenue d’événements en toute sécurité, malgré les controverses entourant son utilité réelle et son financement.

Source : Reason