Denver, Colorado — Le gouverneur démocrate du Colorado, Jared Polis, a commué la peine de prison de neuf ans de Tina Peters, ancienne responsable des élections du comté de Mesa, condamnée pour avoir orchestré l’une des plus graves fuites de données électorales de l’histoire des États-Unis.

Peters, 59 ans, avait été arrêtée en 2021 après avoir, selon les accusations, profité de son poste pour s’introduire illégalement dans les locaux électoraux du comté de Mesa. Elle y aurait volé des données de machines de vote et des fichiers électoraux de 2020, avant de les transmettre à des alliés de l’ancien président Donald Trump. Son objectif : prouver, sans preuve, que Trump avait remporté le scrutin dans cet État.

Condamnée en 2023 à neuf ans de prison pour usurpation d’identité et vol de données, Peters n’a purgé qu’un an et demi de sa peine. Lors de son procès, le juge Matthew Barrett l’avait qualifiée de « charlatanne » et estimé qu’elle recommencerait si l’occasion se présentait. Pourtant, le gouverneur Polis a décidé de réduire sa peine, arguant que celle-ci était disproportionnée.

Cette décision intervient malgré l’absence de remords publics de Peters. Plusieurs habitants du comté de Mesa, dont certains ont témoigné lors de son procès, ont décrit une femme toujours convaincue de la légitimité de ses actes. Polis avait pourtant conditionné toute clémence à une reconnaissance de culpabilité, une exigence qu’il affirme désormais avoir été remplie.

Une enquête de la chaîne locale KUSA révèle que le gouverneur n’a jamais auparavant gracier ou commuer une peine sans expression de repentir de la part du condamné. Polis a déclaré à la presse que Peters avait exprimé des regrets, bien que ses proches et ses soutiens continuent de défendre ses actions.

Cette affaire s’inscrit dans le contexte plus large des tentatives de contestation des résultats de l’élection présidentielle de 2020 par des partisans de Trump. Peters, candidate malheureuse au poste de secrétaire d’État du Colorado en 2022, avait fait de la lutte contre la fraude électorale un pilier de sa campagne.

Son avocat n’a pas immédiatement réagi à la décision du gouverneur. Polis n’a pas non plus répondu aux demandes de commentaires de la presse.

Source : CyberScoop