Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, s’est envolé vendredi pour le Pakistan, marquant le début d’une tournée diplomatique incluant également Oman et la Russie. L’objectif affiché : aborder des questions bilatérales et les développements régionaux, alors que les discussions entre l’Iran et les États-Unis peinent à reprendre.

Cette mission survient dans un contexte de tensions extrêmes au Moyen-Orient, où la guerre a déjà fait des milliers de morts et perturbé les exportations énergétiques critiques via le détroit d’Ormuz. Les négociations en vue d’un cessez-le-feu, initialement prévues cette semaine, n’ont pas abouti, malgré les efforts de médiation du Pakistan.

De son côté, la Maison-Blanche n’a pas encore réagi officiellement à la visite d’Araghchi ni confirmé l’envoi d’une délégation américaine au Pakistan. Pourtant, Islamabad s’efforce de relancer le dialogue entre les deux pays, après l’annonce par Donald Trump d’une extension indéfinie du cessez-le-feu avec l’Iran.

Washington assouplit les règles maritimes pour sécuriser l’approvisionnement énergétique

Parallèlement, le président américain a prolongé de 90 jours la dérogation à la loi Jones, facilitant ainsi le transport de pétrole et de gaz naturel par des navires non américains. Cette mesure, initialement accordée pour 60 jours en mars, vise à stabiliser les prix de l’énergie et à compenser les perturbations dans le détroit d’Ormuz.

Selon la Maison-Blanche, les données récentes montrent une augmentation significative des livraisons vers les ports américains depuis l’entrée en vigueur de la première dérogation. Le prix du baril de Brent, référence mondiale, a légèrement reculé après cette annonce, oscillant entre 103 et 107 dollars, soit près de 50 % de plus qu’avant le début du conflit.

Les répercussions de la crise dans le détroit d’Ormuz se font sentir bien au-delà du Moyen-Orient. Les flux commerciaux maritimes mondiaux, y compris via le canal de Panama, sont également affectés.

Tensions persistantes dans le détroit d’Ormuz

Malgré l’extension du cessez-le-feu, les tensions dans le détroit d’Ormuz restent vives. L’Iran maintient son contrôle sur le trafic maritime, comme en témoignent les attaques récentes contre trois navires. En réponse, les États-Unis ont renforcé leur présence militaire, avec trois porte-avions déjà déployés dans la région : l’USS George H.W. Bush dans l’océan Indien, l’USS Abraham Lincoln en mer d’Arabie et l’USS Gerald R. Ford en mer Rouge. Un quatrième porte-avions, l’USS Dwight D. Eisenhower, doit rejoindre la zone dans les prochains jours.

Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a réitéré la position de Washington : « L’Iran a un choix crucial à faire. Il peut conclure un accord, un bon accord, un accord avisé. » Il a également confirmé l’ordre donné aux forces américaines de « tirer pour tuer » contre toute embarcation suspecte de poser des mines.

« La situation exige une réponse ferme et immédiate pour protéger nos intérêts et ceux de nos alliés. » — Pete Hegseth, secrétaire américain à la Défense