Le 10 mars 2021, Michael Saylor, fondateur de Strategy (anciennement MicroStrategy), incitait les investisseurs à utiliser l’effet de levier, voire à hypothéquer leur résidence, pour acheter du Bitcoin (BTC). Cinq ans plus tard, le PDG de l’entreprise, Phong Le, relance le débat, mais cette fois en recommandant d’hypothéquer sa maison pour investir dans Stretch (STRC), une action aux dividendes variables.
Lors d’une interview sur le podcast *Bitcoin* de Natalie Brunell, Phong Le a présenté STRC comme une source de revenus stable, comparant ses dividendes mensuels à un salaire. Pourtant, ces dividendes ne sont pas garantis : le conseil d’administration peut les suspendre ou les modifier à tout moment. Le PDG a également ciblé les investisseurs ayant des obligations financières, comme des factures ou des crédits automobiles.
Cette stratégie rappelle étrangement celle de Saylor, mais avec une différence majeure : STRC n’est pas un actif aussi établi que le Bitcoin. Le PDG a révélé avoir lui-même investi 250 000 dollars dans STRC « pour vivre l’expérience ». Il explique : « J’ai un prêt hypothécaire à 1,75 % sur 30 ans. Au lieu de rembourser ce prêt, je place cet argent dans STRC, qui rapporte 11,5 %. Je gagne ainsi de l’argent en payant un taux de 1,75 % avec un rendement de 11,5 % ».
Cependant, cette comparaison est trompeuse. Les dividendes de STRC ne sont pas des revenus garantis, contrairement à un salaire. De plus, Le a affirmé, à tort, que STRC « a connu une croissance plus rapide que l’iPhone », confondant les ventes d’actions avec les revenus d’Apple. Or, les levées de fonds par émission d’actions ne constituent pas un chiffre d’affaires.
Une réalité financière inconfortable pour les petits investisseurs
Phong Le a lui-même révélé que 80 % des actionnaires de STRC sont des particuliers. Cette statistique, qu’il a citée avec fierté, montre que la majorité des investisseurs sont des particuliers exposés aux difficultés financières et attirés par des rendements élevés, malgré les risques. Pourtant, ces derniers n’ont pas les mêmes moyens que les dirigeants de Strategy, dont la rémunération annuelle dépasse 15 millions de dollars.
Le PDG a omis de mentionner les avertissements officiels de Strategy concernant STRC. Sur sa page dédiée, l’entreprise précise que les dividendes en espèces ne sont pas garantis et qu’il n’y a aucune garantie de remboursement du capital. Le conseil d’administration peut suspendre les paiements ou modifier le taux de dividende à tout moment.
Contrairement à un salaire, un dividende peut être annulé en cas de difficultés financières chez Strategy. Une comparaison qui soulève des questions sur la pertinence de cette stratégie pour les investisseurs modestes.