Le transit intestinal : un indicateur méconnu de la santé

La durée que mettent les selles à traverser votre système digestif n’est pas anodine. Selon des recherches publiées en 2023, cette durée influence directement la composition du microbiote intestinal, avec des conséquences potentielles sur la santé globale.

Des différences marquées selon la vitesse du transit

Les scientifiques ont observé des variations significatives dans le microbiome intestinal selon que le transit soit rapide ou lent. Plus les selles restent longtemps dans le côlon, plus les bactéries ont le temps de fermenter les résidus alimentaires, modifiant ainsi l’acidité et la production de métabolites.

Les personnes avec un transit rapide présentent un microbiome intestinal radicalement différent de celles dont le transit est ralenti. Une étude a notamment utilisé l’échelle de Bristol pour classer les selles selon leur consistance :

  • Transit lent : selles dures et fragmentées (types 1 et 2 sur l’échelle de Bristol)
  • Transit normal : selles normales (type 3 et 4)
  • Transit rapide : selles molles ou liquides (types 5, 6 et 7)

Risques pour la santé : inflammation, métabolisme et neurologie

Un transit ralenti est associé à plusieurs problèmes de santé :

  • Troubles métaboliques : diabète de type 2, obésité
  • Inflammations chroniques : maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI)
  • Maladies neurologiques : maladie de Parkinson
  • Risque accru de cancer colorectal

À l’inverse, un transit trop rapide peut entraîner une malabsorption des nutriments et des carences.

Le rôle clé des bactéries intestinales

Le Dr Ketan Thanki, chirurgien colorectal certifié, explique :

« L’intestin n’est pas seulement un organe digestif : c’est un écosystème complexe dont l’équilibre influence l’immunité, le métabolisme, la santé neurologique et même le risque de cancer. »

Un transit ralenti favorise la fermentation des protéines plutôt que des sucres, produisant des sous-produits potentiellement nocifs comme l’ammoniac et les phénols. Ces substances peuvent endommager la muqueuse intestinale et favoriser l’inflammation.

Impact sur les probiotiques et les médicaments

Le temps de transit influence également l’efficacité des probiotiques, compléments alimentaires et médicaments agissant sur le microbiote. Un transit trop rapide peut réduire leur absorption, tandis qu’un transit lent peut modifier leur métabolisme.

Comment optimiser son transit intestinal ?

Pour maintenir un transit sain, les experts recommandent :

  • Une alimentation riche en fibres (fruits, légumes, céréales complètes)
  • Une hydratation suffisante (1,5 à 2 litres d’eau par jour)
  • Une activité physique régulière
  • La limitation des aliments ultra-transformés et des excès de viande rouge

En cas de troubles persistants (constipation chronique ou diarrhée), il est conseillé de consulter un professionnel de santé pour écarter d’éventuelles pathologies sous-jacentes.

Source : Healthline