Les drones policiers s’imposent progressivement comme un outil courant aux États-Unis, présents aussi bien dans les petites villes que dans les grandes métropoles. Si leur utilisation est souvent médiatisée pour des missions comme retrouver des animaux perdus ou arrêter des cambrioleurs, leur déploiement lors de manifestations soulève des inquiétudes croissantes.

À Los Angeles, les drones sont désormais utilisés pour surveiller des rassemblements pacifiques de manifestants anti-Trump. Une tendance qui pourrait s’étendre à l’ensemble du pays, selon les observateurs.

Des dizaines de vols de surveillance lors de deux manifestations

Selon une enquête du Intercept, le département de police de Los Angeles (LAPD) a lancé des drones à 31 reprises lors d’une manifestation intitulée « ICE Out », organisée le 31 janvier 2023. L’événement s’est conclu par l’arrestation d’au moins 50 personnes après un ordre de dispersion émis vers 21h30.

Quelques semaines plus tard, lors de la manifestation « No Kings » du 28 mars, également dirigée contre Donald Trump, le LAPD a déployé 32 drones de surveillance. Bien que l’ordre de dispersion n’ait été donné qu’à 17h30, les données de vol consultées par le Intercept révèlent que les drones ont commencé à surveiller le rassemblement dès 14h, et ce jusqu’à 21h. Au total, 75 personnes ont été arrêtées ce jour-là.

Des justifications floues et des contradictions

Interrogé par le Intercept

« Nous ne documentons ni n’enregistrons [les images] sauf en cas d’infraction. »

Le lieutenant Matthew Jacobs du LAPD a défendu l’utilisation des drones en affirmant que leur déploiement répondait à des demandes spécifiques des commandants d’intervention. « Nous recherchons des personnes précises, nous ne filmons pas les activités protégées par le Premier Amendement », a-t-il ajouté. Pourtant, il a également reconnu que les drones étaient parfois utilisés pour « évaluer l’ampleur d’une foule ».

Ces déclarations soulèvent des questions sur la transparence et les limites de la surveillance aérienne, alors que les drones sont de plus en plus intégrés aux stratégies policières.

Une surveillance de masse en expansion

Selon certaines estimations, plus de 1 500 agences policières américaines utilisent désormais des drones dans le cadre de leurs opérations. Alors que ces programmes gagnent en audace, la surveillance aérienne de masse risque de devenir une pratique routinière, dans un contexte où les protections en matière de vie privée restent largement insuffisantes.

Cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus large de renforcement des outils de surveillance aux États-Unis, comme en témoignent les fausses arrestations liées à l’IA, un phénomène en hausse selon d’autres enquêtes.

Source : Futurism