La question de la fiabilité des éditeurs invités dans les revues scientifiques prend une nouvelle dimension après la rétractation, la semaine dernière, d’un numéro spécial entièrement piloté par des éditeurs invités dans le Journal of Medical Genetics, publié par le groupe British Medical Journal. Ce numéro, consacré aux immunothérapies contre le cancer, a été entièrement retiré en raison de graves lacunes dans le processus d’évaluation par les pairs.

Dans son avis de rétractation, la revue a reconnu que la qualité de l’évaluation par les pairs avait été compromise dans presque tous les articles. Cette décision, exceptionnelle par son ampleur, met en lumière les risques associés aux numéros spéciaux, également appelés « numéros thématiques » dans certaines publications. Ces éditions, souvent organisées par des experts externes, peuvent parfois servir de terrain de jeu pour des pratiques scientifiques douteuses, selon les défenseurs de l’intégrité de la recherche.

Les critiques soulignent que ces numéros spéciaux, bien que légitimes en théorie, sont de plus en plus utilisés comme des outils pour contourner les normes strictes des revues traditionnelles. Les éditeurs invités, souvent choisis pour leur expertise dans un domaine précis, disposent d’un pouvoir disproportionné sur le processus de publication, ce qui peut mener à des biais ou à un manque de rigueur.

Cette affaire rappelle d’autres scandales récents où des revues scientifiques ont dû rétracter des articles publiés dans des numéros spéciaux, notamment en raison de conflits d’intérêts ou de manipulations du processus d’évaluation. Les défenseurs de l’éthique scientifique appellent à une réforme des pratiques pour garantir la transparence et la rigueur dans ces éditions thématiques.

Face à cette situation, certaines revues commencent à revoir leurs politiques concernant les éditeurs invités. Des mesures comme la limitation du nombre d’articles par numéro spécial ou l’obligation de soumettre ces éditions à une évaluation interne supplémentaire pourraient être envisagées pour limiter les risques.

Cette affaire soulève une question cruciale : les revues scientifiques doivent-elles renforcer leur contrôle sur les éditeurs invités, ou faut-il repenser entièrement le modèle des numéros spéciaux ?

Source : STAT News