Le district scolaire unifié de Los Angeles (LAUSD) vient de marquer un tournant dans l'éducation américaine en devenant le premier grand système scolaire à encadrer strictement l'utilisation des écrans en classe. Une résolution portée par Nick Melvoin, membre du conseil d'administration et parent inquiet, a été adoptée à l'unanimité (6 voix pour, 0 contre, 1 abstention) lors d'une séance récente.
Des restrictions strictes dès 2026
Cette décision interdit désormais l'utilisation des écrans pour les élèves de première année et en dessous. Pour les collégiens et écoliers, les écrans seront également bannis pendant les récréations. L'accès à YouTube en classe sera restreint, et les parents disposeront d'un cadre clair pour refuser l'utilisation des appareils numériques à l'école.
Le district devra élaborer de nouvelles politiques encadrant le temps d'écran, différenciées selon le niveau scolaire et les matières enseignées. Ces mesures entreront en vigueur à partir de l'année scolaire 2026-2027.
Un retour au papier et au crayon, mais pas seulement
Si cette décision marque un retour à des méthodes d'enseignement plus traditionnelles, elle ne signifie pas un rejet total du numérique. Nick Melvoin a souligné lors d'une réunion que les appareils électroniques avaient été un « filet de sécurité » pendant la pandémie, permettant aux élèves de poursuivre leur apprentissage à distance. Cependant, il estime que « en 2026, il n'est plus nécessaire que les enfants dépendent de ces outils à l'école ».
« Je crois que nous avons l'opportunité de montrer la voie au pays en établissant des limites d'utilisation des écrans fondées sur le développement de l'enfant, qui placent l'intérêt des élèves avant celui des écrans. Ce n'est pas un retour en arrière, mais une réflexion sur la manière dont nous utilisons le temps d'écran à l'école pour garantir que nous faisons ce qui aide le mieux les élèves à apprendre. »
Une mobilisation parentale sans précédent
Cette décision intervient après des mois de pression exercée par des parents locaux. Ceux-ci ont multiplié les démarches : réunions avec les administrateurs scolaires, interventions lors de réunions publiques, et création d'un groupe militant baptisé « Schools Beyond Screens » (Écoles sans écrans). Ce collectif milite pour une utilisation « sûre et réfléchie » de la technologie en milieu scolaire.
Sur le site du groupe, un message célèbre déjà cette réforme : « Schools Beyond Screens célèbre l'adoption unanime de la résolution « Utilisation réfléchie de la technologie » ! Le 21 avril, les membres du conseil d'administration du LAUSD ont adopté à l'unanimité cette résolution qui marquera un tournant dans les politiques technologiques du district, dès la rentrée 2026-2027. »
Anya Meksin, porte-parole du mouvement, déclare :
« C'est historique. Nous espérons que cette décision fera rapidement tache d'huile dans tout le pays. Nous y voyons un changement culturel majeur dans la manière dont les écoles abordent la technologie. »
Un mouvement qui s'étend aux États-Unis
Bien que des districts plus petits, comme ceux de Bend dans l'Oregon ou de Burke County en Caroline du Nord, aient déjà pris des mesures similaires, Los Angeles représente la plus grande ville à restreindre l'usage des écrans en classe. Cette décision pourrait inspirer d'autres métropoles à suivre cet exemple.
Les partisans de cette réforme estiment que les enfants passent déjà suffisamment de temps devant les écrans en dehors de l'école. Ils prônent un retour à des méthodes d'apprentissage plus traditionnelles, comme l'écriture à la main et l'utilisation de manuels papier, pour favoriser la concentration et le développement cognitif des élèves.