Les frappes américaines contre l’Iran n’ont pas permis d’affaiblir significativement son programme nucléaire, selon des évaluations confidentielles des services de renseignement américains. Malgré neuf semaines de conflit et un coût dépassant les 25 milliards de dollars, les capacités de Téhéran restent globalement inchangées depuis un an.
En juin 2019, Donald Trump avait ordonné des frappes ciblant trois sites nucléaires iraniens : Fordo, Natanz et Ispahan. Avant ces attaques, surnommées Opération Midnight Hammer, les analystes américains estimaient que l’Iran pouvait produire une bombe nucléaire en trois à six mois. Après les frappes, cette estimation avait été repoussée à neuf mois à un an. Aujourd’hui, cette évaluation n’a pas évolué, selon des sources anonymes citées par Reuters.
Depuis le 28 février, la majorité des frappes américaines et israéliennes visent des cibles militaires conventionnelles en Iran. L’absence de changement dans le calendrier nucléaire iranien suggère que cette stratégie est inefficace pour réduire ses capacités. Pour y parvenir, il faudrait détruire ou neutraliser l’intégralité de ses réserves d’uranium hautement enrichi (UHE), selon Reuters.
En 2018, l’Iran ne disposait pas d’assez d’uranium pour fabriquer une seule bombe, trois ans après l’accord nucléaire conclu sous la présidence de Barack Obama. Cependant, après le retrait des États-Unis de cet accord et l’imposition de sanctions économiques, Téhéran a reconstitué un stock de 11 tonnes d’uranium enrichi d’ici 2025. Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), ce stock pourrait permettre de produire jusqu’à dix bombes si l’enrichissement était poursuivi.
Donald Trump avait affirmé que son objectif était d’éliminer totalement les capacités nucléaires de l’Iran. Pourtant, son administration n’a jamais clairement communiqué sur l’avancement de cette mission. Immédiatement après l’Opération Midnight Hammer, Trump et ses collaborateurs avaient affirmé que le programme nucléaire iranien avait été retardé de plusieurs années. Pourtant, en mars, Joe Kent, ancien directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, a démissionné en déclarant dans sa lettre de démission qu’il ne pouvait « en conscience » soutenir cette guerre, car l’Iran ne représentait « aucune menace imminente » pour les États-Unis.