Meta utilise les données de ses employés pour entraîner l'IA
Meta a confirmé à Reuters que les frappes clavier, mouvements de souris et clics de ses employés seront désormais capturés pour entraîner ses modèles d'intelligence artificielle. Une décision qui suscite l'inquiétude quant à la surveillance en milieu professionnel et à l'exploitation des données des travailleurs.
Une collecte de données controversée
Dans un communiqué, un porte-parole de Meta a expliqué :
"Si nous développons des agents pour aider les gens à accomplir des tâches quotidiennes sur ordinateur, nos modèles ont besoin d'exemples concrets de leur utilisation [...] Nous lançons un outil interne qui capturera ces données sur certaines applications pour entraîner nos modèles."
Cette pratique, bien que légale dans le cadre professionnel, est perçue comme une surveillance intrusive. Aux États-Unis, où l'emploi est "à volonté", les employeurs peuvent modifier les tâches des employés sans justification. Cependant, cette collecte de données à un niveau aussi granulaire est sans précédent.
Risques de remplacement des employés
Les données collectées pourraient être utilisées pour automatiser les tâches des employés, voire justifier des licenciements. Une perspective inquiétante pour les travailleurs, d'autant plus que Meta n'a pas précisé si les employés pouvaient refuser cette surveillance ou s'ils seraient compensés pour leurs données.
Une pratique qui pourrait nuire à la réputation de Meta
Alors que les modèles d'IA reposent sur des données massives, Meta aurait pu obtenir ces informations auprès de ses 3,5 milliards d'utilisateurs plutôt que de ses employés. Une telle approche aurait été moins controversée, mais la société a choisi de privilégier ses propres travailleurs.
Cette décision s'inscrit dans un contexte économique fragile, où les entreprises cherchent à optimiser leurs coûts. Pourtant, une telle pratique pourrait nuire à la réputation de Meta et à la confiance des employés.
Pas de réponse sur l'opt-out ou la compensation
Meta a confirmé les détails du rapport de Reuters, mais a refusé de répondre aux questions sur la possibilité pour les employés de refuser cette surveillance ou d'être compensés pour leurs données. Une omission qui laisse planer des doutes sur l'éthique de cette pratique.
Si vous travaillez chez Meta et souhaitez en discuter de manière confidentielle, contactez @amarae.60 sur Signal.