WASHINGTON — Pour la première fois, l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) a officiellement reconnu les microplastiques et les résidus pharmaceutiques comme des contaminants nécessitant une attention fédérale. Une proposition de réglementation, annoncée ce mois-ci, marque un tournant dans la gestion des risques sanitaires liés à ces polluants émergents.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une stratégie plus large, incluant un investissement de 144 millions de dollars du département de la Santé et des Services sociaux (HHS). Ce fonds, attribué au programme ARPA-H, vise à standardiser les méthodes de mesure des microplastiques dans l’organisme humain, à évaluer leurs impacts sur la santé et à explorer des solutions pour les réduire.

Cependant, les experts restent prudents. Bien que cette annonce représente une avancée symbolique, elle ne fixe pas de seuil légal maximal pour les microplastiques dans l’eau potable. De plus, aucune obligation n’est imposée aux services publics de les éliminer. Même si la règle est finalisée, l’EPA devra engager des démarches supplémentaires avant d’imposer des changements contraignants.

Malgré ces limites, cette proposition pourrait servir de catalyseur pour une collaboration bipartisane rare. Les microplastiques, omniprésents dans l’environnement, suscitent une préoccupation croissante en raison de leurs effets potentiels sur la santé humaine et les écosystèmes. Leur inclusion dans la liste des contaminants à surveiller par l’EPA pourrait accélérer les recherches et les débats politiques autour de leur régulation.

Les défenseurs de l’environnement saluent cette initiative, tout en soulignant la nécessité d’aller plus loin. « C’est un premier pas important, mais insuffisant », déclare une experte en pollution plastique. « Sans normes strictes et sans obligation de traitement, les risques pour la population restent réels. »

Cette annonce intervient dans un contexte où les États-Unis font face à une pression croissante pour renforcer leur cadre réglementaire face à la pollution plastique. Plusieurs États, comme la Californie et New York, ont déjà adopté des mesures plus strictes pour limiter les microplastiques dans les eaux usées et les produits de consommation.

À l’échelle internationale, l’Union européenne et le Canada ont également pris des initiatives pour encadrer ces polluants. La proposition de l’EPA pourrait donc s’inscrire dans une dynamique plus large de coopération mondiale pour lutter contre cette menace environnementale.

Source : STAT News