Un manifeste controversé signé par le PDG de Palantir

Palantir, connue pour fournir des logiciels d'IA à l'armée américaine, à la police de New York ou encore à l'agence ICE, a publié ce week-end un manifeste de 1 000 mots sur la plateforme X. Ce texte résume les idées principales de son livre *The Technological Republic* (2025), coécrit par Alex Karp, son PDG, et Nicholas W. Zamiska. Le ton est à la fois provocateur et alarmant.

Une vision géopolitique radicale

Parmi les 22 points développés, Palantir affirme que la survie des sociétés libres et démocratiques dépend désormais de la puissance militaire, et non plus seulement de l'appel à la morale. « L'humanité a besoin de plus que des appels moraux pour l'emporter. Elle a besoin de hard power, et ce hard power, au XXIe siècle, sera construit sur des logiciels », peut-on lire dans le manifeste.

Le texte dénonce également la « décadence » des sociétés occidentales, qu'il lie à l'incapacité à garantir croissance économique et sécurité. « La gratuité des emails ne suffit pas. Une civilisation, ou sa classe dirigeante, ne sera pardonnée que si elle est capable d'offrir croissance et sécurité à ses citoyens », est-il écrit.

Les propositions choc du manifeste

Le document, qui se présente comme un « appel passionné à l'Occident pour qu'il se réveille face à sa nouvelle réalité », contient plusieurs propositions radicales :

  • Service national obligatoire : Palantir plaide pour l'abandon du modèle de l'armée professionnelle au profit d'un service universel, où chaque citoyen partagerait les risques en cas de conflit.
  • Remise en cause des traités d'après-guerre : Le manifeste critique l'affaiblissement imposé à l'Allemagne et au Japon après 1945, suggérant qu'il est temps de « défaire » ces mesures.
  • Critique de l'inclusivité : Palantir s'oppose à la définition des cultures nationales « au nom de l'inclusivité », tout en dénonçant l'exposition médiatique des personnalités publiques.
  • Primauté de la croissance et de la sécurité : Le texte estime que seule une civilisation capable de garantir prospérité et protection mérite d'être préservée.

« La question n'est pas de savoir si des armes d'IA seront développées, mais qui les construira et dans quel but. Nos adversaires ne perdront pas de temps en débats théâtraux sur l'éthique des technologies militaires. Ils avanceront. »

Une entreprise déjà controversée

Palantir, souvent critiquée pour ses liens avec des agences gouvernementales et son utilisation de données massives, confirme ainsi sa vision d'un monde où la technologie et la puissance militaire sont indissociables. Le manifeste, bien que présenté comme un « appel à l'action », laisse peu de place au doute : l'entreprise assume pleinement son rôle dans la construction d'un nouvel ordre géopolitique, où le logiciel devient une arme stratégique.

Pour ceux qui n'auraient pas encore saisi la philosophie de Palantir, ce texte en offre un aperçu sans ambiguïté.

Source : Engadget