Les porte-avions américains pourraient devenir les plateformes idéales pour déployer des armes laser à haute énergie. Une récente démonstration menée par l’USS George H.W. Bush, un porte-avions de classe Nimitz, a confirmé cette hypothèse. En octobre 2025, le navire a neutralisé plusieurs drones, y compris des essaims, à l’aide d’un système laser de 20 kW installé sur son pont d’envol.
Les images publiées par le Defense Visual Information Distribution Service (DVIDS) le 20 avril 2026 révèlent la présence d’un Palletized High Energy Laser (P-HEL), basé sur le système LOCUST développé par la société AV (anciennement BlueHalo) et prêté par l’U.S. Army’s Rapid Capabilities and Critical Technologies Office. Selon AV, le test en mer Atlantique a permis de « traquer, engager et neutraliser » les cibles volantes, marquant une étape majeure vers l’intégration des armes à énergie dirigée sur l’ensemble des plateformes militaires.
John Garrity, vice-président d’AV en charge des systèmes à énergie dirigée, précise que l’essai a impliqué 17 drones. Bien que le P-HEL soit déjà utilisé pour protéger les troupes américaines contre des drones armés à bas coût à l’étranger, l’U.S. Army dispose déjà de quatre systèmes LOCUST intégrés à des véhicules tactiques, dont les M1301 Infantry Squad Vehicles et les Joint Light Tactical Vehicles dans le cadre du programme AMP-HEL.
La Marine américaine avait précédemment testé des lasers sur des destroyers de classe Arleigh Burke, comme le HELIOS (60 kW) et l’ODIN, mais ces systèmes rencontrent des contraintes énergétiques en raison des besoins électriques élevés des radars modernes, notamment le AN/SPY-6 des destroyers de la variante Flight III. En revanche, les porte-avions nucléaires, comme l’USS George H.W. Bush, disposent d’une puissance quasi illimitée, permettant une utilisation optimale des armes laser.
Cette démonstration s’inscrit dans la stratégie du chef des opérations navales, l’amiral Daryl Caudle, qui prône une flotte de surface modulaire, capable d’intégrer rapidement de nouvelles technologies. Contrairement aux systèmes HELIOS et ODIN, directement liés au système de combat Aegis, le LOCUST est conçu pour être déployé de manière flexible, en phase avec cette vision.
Cependant, malgré ces avancées, des défis persistent. L’intégration de systèmes laser sur des navires déjà saturés en équipements électroniques nécessite une planification minutieuse. De plus, la maintenance et la logistique des armes à énergie dirigée, encore en phase de maturation, restent des points critiques à résoudre avant un déploiement opérationnel à grande échelle.