Brenton Williams a enfin obtenu une assurance maladie lui permettant de consulter son médecin au sujet de la PrEP (prophylaxie pré-exposition), un traitement médicamenteux hautement protecteur pour les personnes exposées au VIH. Son fiancé étant séropositif, Williams était un candidat idéal pour ce traitement, qui réduit à moins de 1 % le risque de transmission en cas d’exposition au virus. « Je voulais simplement une protection supplémentaire », explique-t-il. Pourtant, sa demande a été accueillie avec réticence par son médecin : « À quoi bon ? » a-t-elle répondu avant de proposer de « se renseigner ». Deux mois plus tard, Williams n’avait toujours pas obtenu son ordonnance. « Je veux continuer à avoir une vie sexuelle épanouie, mais aussi protéger mon corps », confie-t-il. La confusion autour des protocoles de prescription de la PrEP semble avoir retardé son accès au traitement.

En théorie, éviter le VIH aux États-Unis est aujourd’hui plus simple que jamais. Pourtant, l’épidémie persiste, touchant encore 1,2 million d’Américains. La PrEP, approuvée par la FDA en 2012, est un outil clé pour enrayer sa propagation. Voici ce qu’il faut savoir.

Qu’est-ce que la PrEP et qui peut en bénéficier ?

La PrEP est un traitement préventif qui réduit considérablement le risque de contracter le VIH. Elle se présente sous forme de comprimé quotidien ou d’injection bimestrielle. Elle est recommandée pour toute personne exposée au risque, notamment :

  • Les personnes ayant des partenaires sexuels multiples ;
  • Celles ayant des antécédents d’infections sexuellement transmissibles ;
  • Les individus n’utilisant pas systématiquement de préservatifs ;
  • Les usagers de drogues par injection.

Comment y accéder et à quel coût ?

Pour obtenir la PrEP, un test de dépistage négatif au VIH est requis, ainsi que d’autres examens médicaux, avant qu’un professionnel de santé ne délivre une ordonnance. Le coût n’est généralement pas un obstacle : la plupart des assurances couvrent intégralement le traitement. Des programmes d’aide existent également pour les patients non assurés.

Un outil médical révolutionnaire, mais encore sous-utilisé

Pour les personnes séronégatives, un comprimé quotidien de PrEP réduit de plus de 99 % le risque de transmission du VIH lors de rapports sexuels avec une personne séropositive. Parallèlement, les traitements antirétroviraux suivis par la majorité des 1,2 million d’Américains vivant avec le VIH sont si efficaces qu’ils rendent le virus indétectable et non transmissible. Ces avancées médicales sont le fruit de décennies de recherche, mais aussi un hommage aux plus de 700 000 Américains décédés du sida depuis les premiers cas signalés en 1981.

Pourtant, l’accès à la PrEP reste inégal. « Cela devrait être aussi simple que de se procurer un contraceptif oral », souligne Williams. Pourtant, entre méconnaissance des professionnels de santé, réticences administratives et barrières financières résiduelles, de nombreux patients se heurtent encore à des obstacles. Résultat : l’épidémie de VIH aux États-Unis, bien que mieux contrôlée, n’a pas encore pris fin.

Où se renseigner et obtenir la PrEP ?

Plusieurs ressources permettent de trouver un fournisseur de PrEP :

  • Le HIV Services Locator ;
  • Le CDC’s PrEP Locator ;
  • AIDSVu ;
  • Des plateformes en ligne comme MISTR ou les programmes telePrEP gérés par certains États.
« La PrEP est un outil puissant, mais son efficacité dépend de son accessibilité. Tant que des obstacles persistent, l’épidémie de VIH ne pourra pas être éradiquée. » — Expert en santé publique
Source : Vox