Les plaidoiries finales dans le procès intenté par Elon Musk contre OpenAI se sont achevées jeudi. Ce conflit, qui oppose l'entrepreneur à Sam Altman et d'autres dirigeants de l'organisation, met en lumière les dysfonctionnements internes et les ambitions divergentes qui ont marqué l'évolution d'OpenAI.
Les arguments présentés par les deux parties ont révélé des accusations graves, notamment celle selon laquelle Altman et ses collaborateurs auraient « volé une œuvre caritative », selon les termes d'un avocat de Musk. Le procès vise à déterminer si OpenAI, initialement un laboratoire de recherche à but non lucratif, a été transformé en une entreprise à but lucratif au détriment de ses fondateurs et donateurs.
Un procès marqué par des accusations d'irresponsabilité et de mensonges
Pendant trois semaines, les avocats des deux camps ont présenté des preuves et des témoignages visant à discréditer Altman et Musk. L'objectif était de démontrer leur manque de fiabilité et leur soif de pouvoir. Si le jury conclut que Musk a été trompé lors de son don de 38 millions de dollars à OpenAI, le tribunal devra évaluer les dommages, qui pourraient atteindre 150 milliards de dollars. Une telle décision pourrait également entraîner des changements majeurs dans la direction et la gouvernance d'OpenAI.
Même en cas de verdict défavorable à Musk, les preuves présentées pourraient inciter les régulateurs à réexaminer les accords ayant permis à OpenAI de se restructurer en entreprise à but lucratif. Les avocats des deux parties ont indiqué qu'un appel serait probablement déposé, prolongeant ainsi ce conflit judiciaire.
Cinq révélations majeures du procès
1. Des doutes sur l'honnêteté de Sam Altman
L'équipe juridique de Musk a tenté de dépeindre Altman comme une personne profondément peu fiable, prête à mentir à ses cofondateurs, employés et membres du conseil d'administration pour servir ses intérêts. Plusieurs anciens employés et administrateurs d'OpenAI ont confirmé cette perception en témoignant.
Helen Toner, ancienne administratrice, a déclaré dans une déposition vidéo qu'Altman avait été temporairement écarté de son poste de PDG en 2023 en raison de son « comportement récurrent lié à son honnêteté et sa franchise ». Mira Murati, ancienne directrice technique, a témoigné qu'Altman avait tendance à dire une chose à une personne et son contraire à une autre. Elle a notamment révélé qu'il lui avait menti au sujet d'un examen de sécurité nécessaire pour valider un nouveau modèle d'IA.
2. Le journal intime de Greg Brockman, source de révélations embarrassantes
Parmi les preuves les plus choquantes présentées au procès figure un journal intime tenu par Greg Brockman, président d'OpenAI. Dans ce document, il a consigné ses réflexions sur la transformation d'OpenAI en entreprise à but lucratif, qualifiant cette décision de « moralement répréhensible ».
Dans une entrée de 2017, il écrivait : « Je ne vois pas comment nous pourrions transformer cela en une entreprise à but lucratif sans une lutte très désagréable. Ce serait mal de voler l'œuvre à but non lucratif à [Musk], qui a cofondé OpenAI et financé la majeure partie de ses débuts. » Brockman a également reconnu ses ambitions personnelles, écrivant : « Ce serait bien de gagner des milliards. »
« Ce serait mal de voler l'œuvre à but non lucratif à [Musk]. » — Greg Brockman, dans son journal intime