Un nouveau sondage montre que même les électeurs de Donald Trump rejettent massivement une publication sur les réseaux sociaux où il se présentait en Jésus. Cette réaction inhabituelle au sein de sa propre coalition souligne les limites de l’instrumentalisation de la religion dans la politique culturelle.
Un rejet transpartisan rare
Selon un sondage Washington Post-ABC News-Ipsos, publié par le Washington Post, 87 % des Américains ont réagi négativement à l’image de Trump en Jésus. Parmi les électeurs de Trump en 2024, 80 % ont désapprouvé cette publication, tout comme 79 % des républicains.
Cette réaction dépasse les clivages politiques habituels, où les opinions se divisent généralement selon les lignes partisanes. Une telle opposition transversale reste exceptionnelle dans les sondages modernes.
Une image controversée et rapidement supprimée
Le 1er avril, Trump avait partagé une image où il apparaissait vêtu de robes blanches et rouges, une main posée sur le front d’un homme malade, tandis que l’autre émanait une lumière. L’image, rapidement qualifiée de « blasphématoire » sur les réseaux sociaux, avait été supprimée le lendemain matin de sa publication.
Trump avait ensuite expliqué aux journalistes que cette image le représentait comme « un médecin » et qu’elle avait un lien avec la Croix-Rouge. Pourtant, aucune référence claire à cette organisation n’était visible dans le visuel.
Des précédents controversés
Ce n’est pas la première fois qu’une image générée par IA de Trump suscite la polémique. Quelques semaines après la mort du pape François, il avait partagé une fausse photo le représentant en pape, ce qui lui avait valu des condamnations, y compris de la part du cardinal Timothy Dolan, généralement favorable à sa politique.
Ces incidents illustrent une tendance : les électeurs, y compris ses partisans, semblent tracer une ligne entre le plaidoyer religieux et les représentations qu’ils jugent inappropriées ou extrêmes.
Un contexte religieux et politique en mutation
Le rejet de cette publication s’inscrit dans un paysage religieux et politique américain en pleine évolution. De plus en plus d’Américains se déclarent sans affiliation religieuse, tandis que le pape Léon XIV, en désaccord avec Trump, bénéficie d’une image globalement positive : 41 % des Américains le voient favorablement, contre 16 % défavorablement. Par ailleurs, 66 % ont réagi positivement à son appel à œuvrer pour la paix.
Des faiblesses potentielles pour Trump
Bien que 9 électeurs protestants évangéliques blancs sur 10 aient désapprouvé le post en Jésus, 7 sur 10 continuent d’approuver globalement la présidence de Trump. Cependant, le mécontentement croissant face à ses discours religieux et bellicistes pourrait révéler des vulnérabilités plus larges.
La porte-parole de la Maison Blanche, Taylor Rogers, avait affirmé dans une déclaration à Axios :
« Il n’y a jamais eu un président plus grand pour les chrétiens américains que le président Trump, et ses résultats le prouvent. En revanche, les démocrates ont honteusement instrumentalisé le poids du gouvernement fédéral contre les personnes de foi. »
Pourtant, les données suggèrent que les électeurs, y compris ses soutiens, distinguent clairement entre un discours religieux et des représentations qu’ils jugent excessives ou déplacées.
Méthodologie du sondage
- Réalisé du 24 au 28 avril 2026 par Washington Post, ABC News et Ipsos.
- Échantillon représentatif de 2 560 adultes américains.
- Utilisation du panel Ipsos KnowledgePanel®, basé sur un recrutement probabiliste par adresses postales.
- Entretiens en ligne.