Le sénateur républicain Thom Tillis (Caroline du Nord) a annoncé dimanche qu’il ne s’opposerait plus à la confirmation de Kevin Warsh à la présidence de la Réserve fédérale (Fed). Cette décision lève un obstacle clé pour le président Donald Trump, dont le candidat doit prendre la relève de Jerome Powell avant le 15 mai.
Pourquoi c’est important : Le ministère de la Justice (DOJ) a indiqué la semaine dernière qu’il mettait fin à son enquête sur Jerome Powell, actuel président de la Fed. Cette décision répond aux exigences de Tillis pour soutenir la nomination de Warsh.
Réactions et déclarations :
« Dès le début, j’ai été clair : l’enquête criminelle du bureau du procureur des États-Unis sur Jerome Powell représentait une menace sérieuse pour l’indépendance de la Fed. Elle devait cesser avant que je puisse soutenir la confirmation de Kevin Warsh. »
Tillis a ajouté, dans un communiqué publié dimanche : « Avec ces garanties, je me réjouis de soutenir la confirmation de Kevin Warsh. C’est un candidat exceptionnel, et il est temps pour la Fed de tourner la page sur cette distraction et de se concentrer pleinement sur sa mission. »
Lors de son passage dimanche dans l’émission Meet the Press sur NBC, Tillis a précisé avoir été « assuré » par le DOJ que l’enquête pourrait faire l’objet d’un appel contre une décision de justice annulant des assignations à comparaître de la Fed. Cependant, cette éventualité relèverait davantage de principes juridiques que d’une volonté de poursuivre l’enquête.
Prochaines étapes :
Avec le soutien de Tillis, la nomination de Warsh devrait être adoptée en commission bancaire du Sénat, puis soumise au vote de l’ensemble de la chambre. Le calendrier est serré : le mandat de Jerome Powell expire le 15 mai, laissant moins de trois semaines pour confirmer Warsh et le faire prêter serment à la tête de l’une des institutions économiques les plus influentes au monde. La commission bancaire du Sénat doit voter pour faire avancer la nomination de Warsh dès mercredi.
Contexte et enjeux :
La fin de l’enquête du DOJ ne garantit pas automatiquement que Jerome Powell remplisse les conditions qu’il s’est lui-même fixées pour quitter le conseil de la Fed. Lors d’une conférence de presse le mois dernier, il avait déclaré : « Je n’ai aucune intention de quitter le conseil tant que l’enquête ne sera pas totalement terminée, avec transparence et clarté. »
Interrogé sur ce point lors de Meet the Press, Tillis a répondu : « Jerome Powell devra prendre ses propres décisions quant à son avenir au sein du conseil. Je suppose qu’il souhaite voir comment évoluera l’appel et s’assurer que tout soit pleinement réglé après celui-ci. Cela pourrait prendre du temps. J’espère que non. »
Powell pourrait en effet choisir de rester au conseil de la Fed jusqu’en 2028, date à laquelle son mandat de gouverneur expire.