Un décret présidentiel pour accélérer les recherches

Le président américain Donald Trump a signé un décret exécutif visant à faciliter l'accès à certains psychédéliques pour le traitement des troubles mentaux. Le texte souligne le potentiel de substances comme l'ibogaïne, mises en avant par des études cliniques pour soigner des maladies mentales graves chez des patients résistants aux thérapies conventionnelles.

Des mesures concrètes pour les patients

Le décret ordonne à la Food and Drug Administration (FDA) d'accélérer l'examen des psychédéliques qualifiés via le programme National Priority Voucher. Ce dispositif garantit un délai de révision réduit à un ou deux mois, contre plusieurs années habituellement. Selon la commissaire de la FDA, Mary Makary, trois composés psychédéliques seront prioritairement étudiés.

Par ailleurs, l'ordre exécutif encourage l'utilisation du programme Right To Try, qui permet aux patients atteints de maladies potentiellement mortelles d'accéder à des traitements expérimentaux. Le ministère de la Justice est également chargé de reclasser rapidement les psychédéliques ayant terminé avec succès la troisième phase des essais cliniques.

Un tournant symbolique

Lors de la cérémonie de signature à la Maison-Blanche, Donald Trump a plaisanté sur sa propre consommation de psychédéliques, déclarant :

« Est-ce que je peux en avoir un peu ? J’en prends. »
Cette remarque, prononcée devant des partisans comme le podcasteur Joe Rogan et l’ancien Navy SEAL Marcus Luttrell, marque un changement notable dans la perception politique de ces substances.

Un mouvement en progression aux États-Unis

Cette initiative s'inscrit dans un contexte où plusieurs États américains assouplissent leur législation sur les psychédéliques. Depuis 2019, des villes comme Denver ont décriminalisé la psilocybine, suivie par des États comme le Colorado, l'Oregon et le Nouveau-Mexique, qui autorisent un accès limité à certaines substances. D'autres régions, comme le district de Columbia, ont adopté des lois dépénalisant la possession de psychédéliques.

Au niveau fédéral, les avancées restent inégales. En 2018, l'administration Trump avait reconnu la psilocybine comme une « thérapie révolutionnaire », sans pour autant faciliter son accès. En 2024, la FDA a rejeté l'approbation de l'MDMA pour le traitement du SSPT, malgré les demandes de nombreux vétérans.

Un pas vers la légalisation ?

Pour les défenseurs de la réforme, ce décret est une avancée majeure. « C’est une bonne politique et un signe encourageant pour le mouvement en faveur de la liberté psychédélique », estime un observateur. Certains espèrent une dynamique similaire à celle observée avec la légalisation du cannabis dans plusieurs États.

Cependant, des critiques soulignent que cette ouverture reste sélective. Malgré ses déclarations sur les psychédéliques, l'administration Trump continue de mener une guerre contre le trafic de drogues, notamment via des opérations militaires.

Chronologie des avancées sur les psychédéliques aux États-Unis

  • 2018 : La psilocybine est reconnue comme une « thérapie révolutionnaire » par la FDA sous Trump.
  • 2019 : Denver devient la première ville à décriminaliser la psilocybine.
  • 2020-2024 : Le Colorado, l'Oregon et le Nouveau-Mexique adoptent des lois autorisant un accès limité aux psychédéliques.
  • 2024 : La FDA rejette l'approbation de l'MDMA pour le traitement du SSPT.
Source : Reason