Le président Donald Trump exerce une pression directe sur les sénateurs républicains pour qu’ils tentent de rallier à leur cause le sénateur démocrate John Fetterman, dont la position est fragilisée. Selon Politico, une telle conversion serait le résultat des efforts de lobbying de Trump, d’un soutien financier et d’une promesse de « manne financière » inespérée, ainsi que de l’influence des sénateurs républicains Dave McCormick et Katie Britt, avec qui Fetterman entretient des liens étroits.
Une source anonyme a même affirmé que Fetterman aurait montré une certaine ouverture à cette idée. L’interview de Fetterman par le présentateur Fox News Sean Hannity en mars dernier a révélé l’étendue de cette tentative de séduction. « J’ai parlé au président Trump hier soir, et je lui ai dit que vous seriez dans mon émission », a déclaré Hannity. « Il m’a répondu : ‘D’accord. Je veux lui offrir un poste. Son rôle sera de lui dire : il sera soutenu par nous en tant que républicain, nous lui donnerons tout notre appui, plus d’argent qu’il n’en a jamais rêvé, et il gagnera haut la main.’ »
Pourtant, Fetterman maintient publiquement son attachement au Parti démocrate. « Je ne change pas », a-t-il affirmé à Politico dans une interview publiée lundi. « Je suis démocrate, et je le reste… Je serais un mauvais républicain. »
Un démocrate controversé
Si certains estiment que Fetterman a déçu son camp, les républicains voient en lui une cible de choix. Depuis son élection en 2016, soutenu par Bernie Sanders, puis réélu en 2022, Fetterman a multiplié les positions qui heurtent l’aile gauche de son parti. Il a été le premier sénateur démocrate à rencontrer Donald Trump à Mar-a-Lago et a défendu les actions des agents de l’immigration, qualifiant de « inappropriées et scandaleuses » les appels à dissoudre l’ICE. Il est également le seul démocrate à s’être opposé à la limitation des pouvoirs de guerre de Trump en Iran et l’un des plus fervents défenseurs d’Israël au Sénat.
Des propos rapportés en 2023, où il aurait déclaré : « Retournons à l’époque où on les tuait tous », en référence au conflit israélo-palestinien, ont été démentis par la suite. Pourtant, ces déclarations, si elles étaient avérées, illustreraient son éloignement croissant des valeurs traditionnelles du Parti démocrate.
Un soutien républicain qui peine à convaincre
Malgré les tentatives de Trump, Fetterman reste ferme sur ses positions. Début septembre, aucun de ses collègues de la Chambre des représentants de Pennsylvanie n’a osé lui apporter son soutien pour sa réélection en 2028, selon Punchbowl News. Une absence de confiance qui s’ajoute à son impopularité croissante au sein même de son parti.
Les chiffres sont sans appel : un sondage CNN publié le mois dernier révèle que l’approbation des démocrates de Pennsylvanie envers Fetterman a chuté de 108 points depuis son entrée en fonction, passant de +68 en 2023 à -40 en 2026. « Il est en dessous du Titanic », a commenté Harry Enten, analyste de CNN. « Aucune figure politique n’a connu une telle chute d’approbation. »
Dans ce contexte, la stratégie de Trump visant à convertir Fetterman en républicain prend tout son sens. Pour le président, il s’agit d’un atout majeur : un démocrate prêt à rejoindre ses rangs, même si celui-ci reste pour l’instant réticent. Une manœuvre qui, si elle aboutissait, renforcerait considérablement la majorité républicaine au Sénat.