Un sénateur républicain en désaccord avec Trump
Le sénateur républicain Thom Tillis, représentant de la Caroline du Nord et en fin de mandat, a annoncé qu'il bloquerait la confirmation de Todd Blanche au poste de procureur général des États-Unis si ce dernier était nommé à ce poste.
Des déclarations controversées
Tillis réagit aux propos tenus par Blanche lors de la Conservative Political Action Conference (CPAC) le mois dernier. Blanche s'y était vanté d'avoir « nettoyé les rangs » en licenciant des procureurs fédéraux ayant travaillé sur des affaires liées à l'assaut du Capitole du 6 janvier 2021. Il avait également évoqué les grâces massives accordées par Donald Trump à ses partisans impliqués dans les violences, déclarant : « Quand on me dit que je n'ai rien fait, je réponds que vous avez une très courte mémoire. »
Un pouvoir de blocage décisif
Tillis dispose d'un levier clé : il peut bloquer toute nomination au sein de la commission judiciaire du Sénat. Si les démocrates restent unis contre Blanche, son vote suffira à faire pencher la balance. Il a d'ailleurs confirmé son intention de s'opposer à Blanche lors d'un entretien avec Semafor :
« Le principe ici est que toute personne qui n'a pas soutenu la police le 6 janvier est disqualifiée pour moi à la commission judiciaire. »
Il a ajouté : « Blanche n'est pas un politicien dans son état actuel. Mais quand on commence à agir comme un politicien, on est traité comme tel. »
Une ascension rapide sous l'administration Trump
Blanche a rejoint l'équipe de Donald Trump en 2023 en tant qu'avocat de la défense dans ses affaires criminelles. Depuis, il a gravi les échelons de l'administration Trump, occupant d'abord le poste de numéro deux de Pam Bondi avant de prendre sa succession après son limogeage début septembre. Bondi avait été évincée pour avoir enfreint les règles gouvernementales en menant des enquêtes politiques à la demande de Trump et en gérant les dossiers Epstein, restés l'un des plus grands scandales de l'ère Trump.
Depuis son arrivée à la tête du ministère de la Justice par intérim, Blanche multiplie les actions pour satisfaire le président : accélération des enquêtes ciblant les opposants politiques de Trump, licenciement de procureurs ayant défendu l'accès à l'avortement, défense de l'ingérence de la Maison-Blanche dans les affaires du DOJ, et inculpation controversée du Southern Poverty Law Center pour son rôle dans la lutte contre l'extrémisme.
« Blanche sait que Trump veut des résultats dans les affaires que le président a publiquement ciblées. Prouver sa loyauté à Trump est toujours un défi, mais Blanche déplace les pièces sur l'échiquier du DOJ pour obtenir des résultats qui satisferont le président. »
Une opposition ferme et idéologique
Tillis a réaffirmé son opposition à Blanche, soulignant que ses récentes déclarations ont renforcé ses réserves :
« Les commentaires récents ont vraiment retenu mon attention. Il faut que je les examine de près. Dès qu'on accorde une once de flexibilité, on perd le principe. »
Cette position s'inscrit dans une dynamique plus large au sein du Parti républicain, où certains élus, comme Tillis, refusent de cautionner les actions controversées liées au 6 janvier ou aux grâces présidentielles.