Dans un récent passage sur le podcast Conan O’Brien Needs a Friend, Zach Galifianakis a partagé une anecdote révélatrice sur son interview de Hillary Clinton pour l’émission Between Two Ferns en 2016. Selon lui, l’équipe de la candidate démocrate aurait tenté d’imposer une censure sur un sujet sensible : le scandale des emails privés.

« Je pouvais sentir qu’elle n’avait pas envie d’être là, et je le comprends tout à fait », a déclaré Galifianakis. « Mais avant même de finaliser l’interview, son équipe a répondu : *‘Vous ne pouvez pas aborder le sujet des emails.’* J’ai alors répondu : *‘Dans ce cas, nous n’aurons pas l’interview. Point final.’* »

Cette réaction a marqué un tournant dans la préparation de l’émission. « Quand on dit non aux puissants, c’est fou ce qui se passe », a-t-il ajouté. « Ils ont fini par céder : *‘Bon, d’accord, vous pouvez poser la question.’* » Pour Galifianakis, l’enjeu était clair : « Si vous voulez faire de la comédie, vous devez le faire à votre manière. »

L’art du rire face au pouvoir : Galifianakis critique les comédiens trop conciliants

Lors de cet échange, Conan O’Brien a salué l’audace de Galifianakis, notamment lors de son interview de Barack Obama en 2014. « Beaucoup de podcasteurs qui reçoivent le président aujourd’hui ne jouent pas leur rôle de bouffon de cour », a-t-il souligné, critiquant les humoristes qui, selon lui, se contentent de flatter leurs invités au lieu de les challenger.

Galifianakis a renchéri : « Les comédiens qui interviewent des personnalités comme Trump ne font pas leur travail. Un humoriste doit déstabiliser, provoquer l’inconfort. Rire artificiel et complaisance ne font pas partie de la mission. C’est une question de principe. »

Actuellement en promotion pour sa nouvelle émission Netflix, This Is a Gardening Show, et The Audacity sur AMC+, il a également évoqué les attentes autour de son rôle dans la satire politique. « Ce qui m’intéresse, c’est la comédie avant tout. Peu importe les motivations des autres, l’essentiel est que le rire prime. »

Pourquoi rire de soi-même est un atout, même pour les dirigeants

Conan O’Brien a rebondi en soulignant que les personnalités capables de rire d’elles-mêmes, comme Obama, en sortent grandies. « Cela renvoie une image positive, et notre président actuel gagnerait à comprendre cette dynamique. S’il acceptait d’être la cible de blagues, cela le rendrait plus humain. »

« C’est impossible avec lui. Ça ne marcherait pas. » — Zach Galifianakis, en référence à Donald Trump.

Galifianakis a conclu en balayant l’idée reçue selon laquelle les médias cibleraient uniquement les conservateurs : « Tout le monde bénéficie de l’autodérision. Quand on rit de soi, tout le monde y gagne. » Une leçon d’humilité et de liberté d’expression qui résonne bien au-delà des plateaux télé.

Source : The Wrap