Les marchés boursiers américains ont atteint de nouveaux records jeudi, après que Cisco Systems a rejoint la liste des entreprises affichant des profits bien supérieurs aux prévisions des analystes pour le début de l’année 2026. Le S&P 500 a progressé de 0,9 % pour s’établir à un nouveau sommet historique, tandis que le Dow Jones Industrial Average a gagné 386 points, soit 0,8 %, frôlant pour la première fois les 50 000 points depuis des décennies. Le Nasdaq Composite, quant à lui, a enregistré une hausse de 1 %, consolidant son propre record à 11h45 (heure de l’Est).

Cisco a joué un rôle moteur dans cette dynamique, avec une progression de 15,5 % de son cours, l’une de ses meilleures performances en près de 15 ans. Le géant technologique a dépassé les attentes en matière de bénéfices et de chiffre d’affaires pour le dernier trimestre, et son PDG, Chuck Robbins, a souligné une « demande très forte et généralisée pour nos produits ». Les géants de la tech, en particulier, investissent massivement dans les technologies d’intelligence artificielle, et Cisco a revu à la hausse ses prévisions de profits pour le trimestre en cours, dépassant largement les attentes des analystes.

Cette demande vorace pour l’IA, génératrice de profits records, explique en grande partie les performances exceptionnelles du marché américain cette année. Parallèlement, Cerebras Systems, une entreprise spécialisée dans les processeurs pour l’IA, a levé 5,55 milliards de dollars lors de son introduction en Bourse, et ses actions devraient commencer à être négociées sur le Nasdaq dans la journée.

Selon Gargi Pal Chaudhuri, stratège en investissement et portefeuille chez BlackRock, « les résultats publiés jusqu’à présent confirment que le marché reste tiré par l’IA, mais que son impact s’élargit rapidement. Ce qui a commencé avec quelques entreprises influence désormais la croissance des bénéfices dans les semi-conducteurs, les infrastructures et même certains secteurs de l’économie industrielle ».

En dehors de l’IA, d’autres actions ont également profité de résultats financiers meilleurs que prévu, comme StubHub Holdings (+18,2 %), Viking Holdings (+7 %) et Yeti Holdings (+4,7 %). Ces entreprises, dont les produits ne sont pas des biens de première nécessité (billets de concert, croisières fluviales, gourdes isothermes), pourraient indiquer que les consommateurs maintiennent leurs dépenses malgré un climat économique perçu comme morose. Pourtant, une récente enquête révélait que les ménages américains exprimaient un pessimisme croissant face à l’inflation et à la hausse des prix de l’énergie, conséquence indirecte du conflit en Iran.

Un rapport publié jeudi a d’ailleurs révélé que les dépenses des consommateurs dans les commerces de détail ont été inférieures aux attentes des économistes le mois dernier. Cependant, hors ventes de carburant et d’automobiles, le ralentissement s’est avéré moins marqué que prévu. Parallèlement, une autre étude a montré une légère hausse des demandes d’allocations chômage aux États-Unis la semaine dernière, un signe potentiel de licenciements en hausse, bien que le nombre reste historiquement bas. Les rendements des obligations d’État ont fluctué brièvement après ces publications, mais sont restés globalement stables : le taux des obligations à 10 ans est passé de 4,46 % à 4,45 % mercredi soir.

À l’international, les indices boursiers ont également enregistré des performances contrastées, reflétant la diversité des dynamiques économiques mondiales.