Un référendum historique en Virginie

Les électeurs de Virginie ont approuvé mardi un référendum autorisant les démocrates à redessiner jusqu’à quatre nouveaux sièges de la Chambre des représentants avant les élections de mi-mandat. Cette victoire, obtenue avec une marge étroite de trois points, a été en grande partie portée par les zones les plus peuplées de l’État, où les publicités pro-référendum ont massivement mis en avant l’image de Donald Trump.

Trump, catalyseur involontaire de la victoire démocrate

Dans un appel téléphonique avec ses partisans en Virginie, Donald Trump a déclaré :

« Je ne sais pas si vous savez ce qu’est le gerrymandering, mais ce n’est pas bien. »
Pourtant, l’été dernier, il avait encouragé les républicains du Texas à utiliser cette pratique pour conserver leur majorité à la Chambre des représentants. Une stratégie que les démocrates ont répliquée dans les États où ils dominent.

En transformant le gerrymandering en enjeu central, Trump a involontairement renforcé le camp du « oui ». Selon une source proche de la campagne, 100 % des publicités diffusées dans le nord de la Virginie en fin de campagne mettaient en scène Trump. « Son visage et son nom étaient partout dans les messages que recevaient les électeurs, surtout dans les zones clés dont nous avions besoin », explique la source.

L’impact des zones urbaines et des messages anti-Trump

Les comtés les plus peuplés du nord de la Virginie – Fairfax, Loudoun, Prince William, Arlington et Alexandria – ont voté massivement pour le référendum, contribuant à près de 600 000 des 1,6 million de voix en faveur du « oui ». Parallèlement, certaines zones à forte population noire, comme Petersburg, Portsmouth, Hampton et Newport News, ont été ciblées par des messages anti-Trump, renforçant leur soutien aux démocrates.

Une publicité typique de la campagne pour le « oui » résumait la situation :

« Trump truque les élections pour rester au pouvoir – Virginie, nous pouvons l’arrêter. »

Un retournement stratégique pour les démocrates

Dan Gottlieb, directeur de la communication de la campagne pour le « oui », a déclaré :

« Donald Trump a déclenché cette guerre, et les électeurs ont répondu en le rejetant. »

Alors que les républicains ajoutent des sièges au Texas et dans d’autres États, les démocrates créent de nouveaux districts en Californie et en Virginie. Avec cette victoire, ils pourraient obtenir un ou deux sièges de plus que les républicains, bien que la Floride puisse encore redistribuer les cartes.

Un débat sur l’éthique du gerrymandering

Cette situation met en lumière une contradiction : Trump a d’abord encouragé le gerrymandering pour avantager les républicains, avant de le critiquer lorsque les démocrates l’ont utilisé. Pourtant, les médias tendent à présenter l’opposition historique des démocrates à cette pratique comme une volte-face, occultant le rôle déclencheur de Trump dans cette escalade.