L’intelligence artificielle, bien que prometteuse, suscite des inquiétudes quant à ses effets sur le cerveau humain. Une nouvelle étude, menée par des chercheurs de Carnegie Mellon, Oxford, MIT et UCLA, met en lumière un risque inattendu : une utilisation même brève de l’IA pourrait altérer les capacités cognitives.
Les participants ont été soumis à des exercices de mathématiques basés sur des fractions. La moitié du groupe devait résoudre les problèmes sans assistance, tandis que l’autre moitié bénéficiait temporairement d’un assistant IA alimenté par le modèle GPT-5 d’OpenAI. Après seulement 10 minutes d’utilisation, l’IA était retirée pour les trois derniers problèmes.
Les résultats sont frappants : bien que les participants assistés par l’IA aient mieux performé au début, leur taux de réussite a chuté de 20 % une fois l’outil retiré, par rapport au groupe témoin. De plus, ils ont abandonné les problèmes deux fois plus souvent que les autres.
Une expérience similaire, axée cette fois sur la compréhension écrite, a confirmé ces observations. L’accès à l’IA n’a pas amélioré les performances initiales, et son retrait a entraîné une baisse significative des résultats.
L’usage de l’IA influence les effets observés
Les chercheurs ont identifié deux profils d’utilisation distincts parmi les participants. Ceux qui demandaient directement à l’IA des solutions complètes ont subi la plus forte baisse de performance, tandis que ceux qui se contentaient de demander des indices ou des clarifications ont maintenu un niveau comparable au groupe témoin.
Cette distinction suggère que l’impact de l’IA sur la cognition dépend de la manière dont elle est utilisée. Une dépendance totale à l’IA semble nuire à la capacité de résolution de problèmes, alors qu’une utilisation modérée et stratégique pourrait limiter ces effets.
Des résultats alignés sur des recherches antérieures
Cette étude s’ajoute à un corpus croissant de travaux liant l’usage de l’IA à une baisse des capacités cognitives. Une recherche du MIT, par exemple, a révélé que les rédacteurs utilisant des grands modèles de langage (LLM) présentaient une connectivité cérébrale réduite et des performances inférieures à ceux travaillant de manière autonome.
D’autres études, menées dans des domaines comme le travail de connaissance ou la médecine, ont montré que les professionnels dépendant de l’IA pour accomplir des tâches devenaient moins capables de les réaliser sans assistance.
« L’IA peut être un outil puissant, mais son utilisation excessive ou mal adaptée risque d’affaiblir nos compétences essentielles. » — Extrait de l’étude
Les chercheurs appellent à une utilisation réfléchie de l’IA, soulignant l’importance de préserver les capacités cognitives humaines face à l’automatisation croissante.