Un début de festival sous haute tension

Le Festival de Cannes 2026 a officiellement lancé sa 79e édition, et dès le premier jour, les polémiques et les débats ont fusé. Entre les déclarations choc sur l'intelligence artificielle, le retour d'un réalisateur chouchou du public et une représentation hollywoodienne quasi absente, cette édition s'annonce déjà riche en rebondissements.

L'IA divise le jury de Cannes

Lors d'une conférence de presse tenue mardi, le jury de cette année, présidé par le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook, a été interrogé sur l'impact de l'intelligence artificielle dans le cinéma. Demi Moore, membre du jury, a partagé son point de vue nuancé :

« La réalité, c'est que résister ne fait qu'alimenter la résistance. L'IA est là, et lutter contre elle revient à mener une bataille que nous ne pouvons pas gagner. Trouver des moyens de collaborer avec elle me semble une approche bien plus constructive. »

Elle a ajouté : « À la question de savoir si nous faisons assez pour nous protéger, je ne sais pas. Probablement pas. L'art, c'est avant tout l'expression. Si nous commençons à nous censurer, nous tuons le cœur même de notre créativité, là où se trouvent la vérité et les réponses. »

Parmi les autres membres du jury figurent Laura Wandel (réalisatrice belge), Chloé Zhao (nommée aux Oscars pour Hamnet) et l'actrice Ruth Negga.

Un hommage aux stars engagées contre la guerre à Gaza

Paul Laverty, scénariste écossais et membre du jury, a également marqué les esprits en exprimant sa solidarité avec les stars hollywoodiennes critiquées pour leurs prises de position contre les actions israéliennes à Gaza. Il a notamment cité Susan Sarandon, Javier Bardem et Mark Ruffalo, tous trois blacklistés pour leurs engagements :

« Le Festival de Cannes a une magnifique affiche. N'est-il pas fascinant de voir que des personnalités comme Susan Sarandon, Javier Bardem ou Mark Ruffalo sont blacklistées pour avoir dénoncé le meurtre de femmes et d'enfants à Gaza ? Honte à ceux qui les censurent. Je les respecte et leur exprime ma solidarité totale. Ce sont les meilleurs d'entre nous, et je les admire. »

Il a conclu par une remarque teintée d'ironie noire : « J'espère seulement que le festival ne sera pas bombardé parce que ces stars figurent sur l'affiche officielle. »

Le retour remarqué de Guillermo del Toro

Autre moment fort de cette première journée : la présence de Guillermo del Toro, réalisateur oscarisé et habitué des tapis rouges cannois. Son retour a été salué par les médias et les festivaliers, renforçant l'aura de cette édition.

Une édition marquée par l'absence d'Hollywood

Enfin, l'édition 2026 du Festival de Cannes se distingue par une représentation hollywoodienne quasi inexistante, un phénomène qui suscite déjà de nombreuses interrogations parmi les observateurs.

Source : The Wrap