Le détroit d’Ormuz, artère vitale du commerce mondial de pétrole, reste fermé. Donald Trump a clairement indiqué mercredi que les États-Unis maintiendraient leur blocus jusqu’à ce que l’Iran capitule. Pourtant, cette position pourrait bien anéantir les rêves énergétiques de l’administration américaine.
Plus le détroit reste inaccessible, plus les risques de crise économique et humanitaire s’intensifient. Selon Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le monde fait face à la plus grave menace pour la sécurité énergétique de son histoire. Les prix du kérosène s’envolent, perturbant le transport aérien en Europe et les opérations de lutte contre les incendies aux États-Unis. Un phénomène climatique extrême, comme un super El Niño, aggraverait la situation en Asie, où la demande en climatisation et en énergies fossiles exploserait.
Les perturbations dans le détroit d’Ormuz affectent aussi l’approvisionnement en engrais à base de gaz, essentiels pour l’agriculture. Cette crise, couplée aux aléas climatiques, pourrait déclencher une pénurie alimentaire mondiale.
Aux États-Unis, les prix de l’essence ont déjà atteint près de 4,30 dollars le gallon. Mais au-delà des répercussions électorales, cette guerre menace un pilier de la politique économique de Trump : l’exportation massive de pétrole et de gaz. Historiquement, Washington a fait de ces ressources un levier de puissance, verrouillant d’autres pays dans une dépendance coûteuse. Pourtant, face aux alternatives disponibles et aux producteurs moins belliqueux, cette stratégie montre ses limites.
Plusieurs nations, lassées par l’intransigeance des grands producteurs comme l’Arabie saoudite, la Russie ou les États-Unis, explorent désormais des solutions énergétiques indépendantes. Lors d’une réunion à Santa Marta, en Colombie, des dirigeants de près de 60 pays ont discuté de la sortie des énergies fossiles. Une initiative née du constat que ces pays bloquent toute avancée climatique majeure lors des négociations internationales.
Pour Selwin Hart, conseiller spécial de l’ONU, cette mobilisation reflète une prise de conscience :
« Les pays producteurs d’énergies fossiles refusent de jouer un rôle constructif dans la transition énergétique. Il est temps que les autres prennent les devants. »
La guerre en Iran, loin de renforcer la position des États-Unis, pourrait bien accélérer le déclin de leur influence énergétique. Une ironie de l’histoire pour une administration qui mise tout sur les hydrocarbures.