Un foyer de hantavirus détecté à bord du paquebot MV Hondius a rapidement attiré l’attention des autorités sanitaires internationales. Dès l’annonce de l’épidémie, les experts en santé publique se sont empressés de rassurer : « Ce n’est pas le Covid-19. » Le risque de pandémie serait, selon eux, très faible, car ce virus se transmet uniquement par contact rapproché.

Pourtant, cette certitude affichée par les spécialistes rappelle étrangement les débuts de la crise sanitaire de 2020. À l’époque, les autorités avaient également minimisé les risques, affirmant que le coronavirus n’était pas aéroporté et déconseillant le port du masque. Des déclarations qui se sont révélées fausses, érodant la confiance du public.

Six ans plus tard, avec le hantavirus, une question persiste : pourquoi les experts semblent-ils aussi confiants sur leur capacité à contrôler un virus dont le taux de mortalité dépasse celui de la grippe ou du Covid-19 ? Faut-il privilégier une approche ultra-prudente plutôt qu’une confiance excessive dans les premières estimations ?

Un collectif de médecins et scientifiques a publié une lettre ouverte sur Substack, adressée à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plaidant pour une stratégie de précaution maximale. « Les coûts d’une protection précoce sont minimes, tandis que ceux d’un retard dans un scénario à haut risque pourraient être immenses », ont-ils écrit.

À ce stade, l’ampleur de l’épidémie reste incertaine. Moins d’une dizaine de cas ont été recensés, mais le contexte est inédit : un paquebot surpeuplé, avec des passagers en provenance du monde entier, pourrait favoriser une propagation rapide, comme ce fut le cas au début de la pandémie de Covid-19.

Plusieurs inconnues subsistent : combien de passagers tomberont malades ? Respecteront-ils les consignes d’isolement ? Combien de nouvelles contaminations pourraient en découler ? Les réponses à ces questions détermineront si cette épidémie restera contenue ou si elle prendra une tournure plus préoccupante.

Une chose est sûre : l’ombre de la pandémie plane toujours sur les autorités sanitaires, confrontées à un dilemme récurrent. Comment concilier les impératifs de santé publique avec les libertés individuelles ? Comment communiquer sur des risques encore mal évalués sans semer la confusion si les données évoluent ?

Les leçons du Covid-19 n’ont pas encore été pleinement tirées, et le hantavirus pourrait bien servir de nouveau test pour évaluer la préparation des systèmes de santé face aux menaces émergentes.

Source : Vox