Un navire de croisière, le MV Hondius, est actuellement en quarantaine dans les îles Canaries après une flambée de hantavirus, une infection pulmonaire grave. Trois passagers sont décédés et cinq autres ont été contaminés. Les autorités sanitaires internationales minimisent le risque d’une propagation massive, mais l’épidémie pose un défi pour la santé publique.

Pourquoi le hantavirus ne menace pas de devenir une pandémie

Les symptômes du hantavirus, une maladie rare transmise par les rongeurs, rappellent ceux du Covid-19 : une pneumonie sévère, une mise en quarantaine et une alerte sanitaire mondiale. Pourtant, les experts sont unanimes : ce n’est pas une nouvelle pandémie.

« Un état d’urgence sanitaire ne signifie pas qu’il s’agit d’une pandémie », explique Amesh Adalja, chercheur principal au Johns Hopkins Center for Health Security. Bill Hanage, épidémiologiste à l’Université Harvard, partage cet avis : « Les risques d’une crise sanitaire à grande échelle sont quasi nuls. »

Contrairement au coronavirus, le hantavirus ne se transmet pas facilement d’humain à humain. Sa propagation reste limitée aux zones où les rongeurs sont présents, ce qui réduit considérablement les risques de contamination massive.

Chronologie de l’épidémie à bord du MV Hondius

Le MV Hondius, parti d’Argentine le 1er avril pour une croisière dans l’Atlantique Sud, est désormais en quarantaine dans les îles Canaries. Voici les événements marquants :

  • 6 avril : Un passager néerlandais, ayant voyagé en Amérique du Sud avant l’embarquement, tombe malade (fièvre, maux de tête, diarrhée). Son état se dégrade rapidement.
  • 11 avril : Il décède à bord du navire.
  • 24 avril : Une femme en contact étroit avec le défunt quitte le navire à Saint-Hélène avec des symptômes gastro-intestinaux. Elle meurt le 26 avril à Johannesburg après un vol en provenance de l’île.
  • 4 mai : Les tests post-mortem confirment une infection au hantavirus.
  • 26 avril : Un autre passager développe une détresse respiratoire et est évacué vers l’Afrique du Sud le lendemain. Les analyses du 2 mai confirment le hantavirus. Il est actuellement en soins intensifs.
  • 28 avril : Une deuxième femme tombe malade et décède le 2 mai.
  • Début mai : Trois autres passagers, présentant des symptômes similaires, restent à bord avec 147 autres personnes en quarantaine.

Avant l’identification du virus, 30 passagers avaient déjà débarqué. Ils sont désormais suivis médicalement dans plusieurs pays, dont les États-Unis (Géorgie, Arizona), le Royaume-Uni et Singapour.

Un test pour la réponse sanitaire mondiale

Cette épidémie représente un défi pour les autorités sanitaires. Bien que le risque de propagation soit faible, la rapidité de la réponse est cruciale pour éviter une crise plus large. Les experts soulignent l’importance de la surveillance et de l’isolement des cas suspects.

« La gestion de cette épidémie est un test pour notre capacité à contenir une maladie émergente », déclare un porte-parole de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Que savoir sur le hantavirus ?

  • Transmission : Principalement par inhalation de particules infectieuses provenant des excréments ou de l’urine de rongeurs.
  • Symptômes : Fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, puis toux et difficultés respiratoires.
  • Traitement : Pas de vaccin ni de traitement spécifique. La prise en charge repose sur des soins de support.
  • Prévention : Éviter tout contact avec les rongeurs et leurs déjections, surtout dans les zones rurales ou isolées.

« Le hantavirus est une maladie grave, mais sa transmission reste limitée. Il ne faut pas céder à la panique, mais rester vigilant. » — Dr. Amesh Adalja, Johns Hopkins Center for Health Security

Source : Vox