Les glycols, ces composés chimiques omniprésents dans notre quotidien, pourraient bien devenir un rempart contre les futures pandémies aériennes. Utilisés dans la fabrication de plastiques, de textiles ou encore de produits cosmétiques, ces substances issues du pétrole et du gaz naturel pourraient aussi servir à désinfecter l’air intérieur.

Lorsque vaporisés à faible concentration, les glycols (comme le propylène glycol ou le triéthylène glycol) inactivent rapidement les virus, bactéries et spores fongiques. Invisibles, inodores et sans goût, ces vapeurs agissent en continu, réduisant ainsi la propagation de maladies comme la grippe saisonnière ou même les pandémies.

Une étude menée dans les années 1940 dans un hôpital pédiatrique a démontré une réduction de 96 % des cas de rhumes dans les services traités aux vapeurs de glycol, par rapport aux services non traités. Les patients exposés ont également enregistré 90 % de cas en moins de trachéobronchites, d’otites et de pharyngites aiguës.

« Les vapeurs de glycol sont particulièrement efficaces contre les virus enveloppés, comme le SARS-CoV-2, la grippe ou Ebola », explique Curtis Donskey, médecin infectiologue au Cleveland VA Medical Center. Leur mécanisme d’action reste partiellement compris, mais leur potentiel est confirmé par des décennies de recherches.

Le coût de leur déploiement serait également accessible : environ 10 à 50 centimes par jour pour protéger une pièce de 1 000 pieds carrés (93 m²). Une solution économique et scalable pour les hôpitaux, les écoles ou les espaces publics.

Dans les années 1940, des appareils comme les « glycolateurs » étaient déjà commercialisés pour désinfecter les intérieurs. Leur usage a décliné avec l’avènement des antibiotiques, mais les récentes avancées scientifiques pourraient relancer leur adoption. « Les normes de recherche ont évolué, mais ces études anciennes montrent clairement leur potentiel », souligne Jacob Swett, directeur de Blueprint Biosecurity, une organisation dédiée à la prévention des pandémies.

Alors que le monde reste vulnérable aux épidémies, les glycols pourraient offrir une protection supplémentaire, simple et peu coûteuse, pour limiter la transmission des pathogènes dans l’air.

Source : Vox