Lors d’un discours prononcé la semaine dernière dans une usine de Des Moines, dans l’Iowa, J.D. Vance a officiellement soutenu la réélection du représentant républicain Zach Nunn. Pourtant, cette allocution a été largement perçue comme un ballon d’essai pour sa future candidature à la présidentielle de 2028, une candidature déjà quasi officielle.
Son message devrait inquiéter les démocrates, qui misent sur une vague anti-Trump pour reprendre le pouvoir cet automne et dans les années à venir. Le sénateur de l’Ohio a résumé l’enjeu des élections de mi-mandat en une question simple : « Voulez-vous des élus à Washington qui se battent pour vous, pour les habitants de cette circonscription, ou pour la corruption et la fraude ? »
Malgré les scandales de corruption répétés impliquant Donald Trump, les républicains estiment que ce thème peut leur être favorable. Tout dépend, cependant, de la définition que les électeurs donnent à la corruption et de ceux qu’ils désignent comme responsables.
Depuis des années, les républicains pointent du doigt les plus pauvres, les minorités, les habitants des villes, les « reines du welfare » ou encore les immigrants. J.D. Vance a repris ce discours en Iowa, car il résonne particulièrement auprès des électeurs ruraux et des indécis que le Parti démocrate doit reconquérir.
Les démocrates devront donc rediriger la colère contre la corruption politique vers des cibles plus crédibles et mieux adaptées à ces électeurs.
Pour étayer sa thèse selon laquelle les démocrates seraient les véritables corrompus, Vance a évoqué le discours sur l’état de l’Union de février dernier, lors duquel Trump avait demandé aux parlementaires de se lever s’ils étaient d’accord pour dire que « le premier devoir du gouvernement américain est de protéger les citoyens américains, et non les étrangers en situation irrégulière ». Selon Vance, aucun démocrate ne s’est levé ce jour-là.
« Ils ne se soucient pas de vous. Ils ne se soucient pas des habitants de cette circonscription. Ils ne se soucient ni des agriculteurs, ni des ouvriers d’usine, ni de ceux qui font réellement tourner ce pays », a-t-il déclaré. « À Washington, le Parti démocrate est tellement obsédé par l’immigration illégale, tellement focalisé sur des personnes qui n’ont pas le droit d’être ici, tellement concentré sur la fraude – car tant de leurs amis s’enrichissent grâce à elle – qu’il a oublié de veiller sur vous. »
Vance a défini la fraude comme l’utilisation abusive des programmes gouvernementaux, reprenant de fausses histoires sur des « fraudeurs somaliens » profitant indûment de ces aides. « Nous avons laissé la fraude se généraliser dans ce pays au point que des gens s’enrichissent, non pas en créant quelque chose d’extraordinaire, en employant des travailleurs ou en bâtissant quelque chose de beau de leurs mains, mais en escroquant chaque personne dans cette salle », a-t-il ajouté. « Ils volent l’argent qui devrait aller aux familles à faible revenu, aux personnes âgées et à ceux qui luttent dans nos communautés. Ils le prennent dans vos poches et dans les leurs pour s’enrichir. »
Ces affirmations sont infondées, mais elles s’appuient sur des croyances déjà ancrées chez une partie de l’électorat. L’organisation United Today, Stronger Tomorrow, active dans l’Ouest montagneux des États-Unis, souligne que ce type de discours exploite les frustrations des communautés rurales face à un système politique qu’elles perçoivent comme déconnecté.