Une offensive judiciaire contre les partenaires de Trump

Le magnat des cryptomonnaies Justin Sun, connu pour son soutien à Donald Trump, adopte une stratégie radicale contre les associés du président américain. Dans une plainte déposée mardi, il accuse les dirigeants de World Liberty Financial de fraude, de détournement de fonds et d'autres infractions graves.

Contrairement aux procédures juridiques classiques, cette plainte évite le jargon technique pour se concentrer sur des accusations percutantes. Elle dépeint World Liberty Financial comme une entreprise en déclin, au bord de l'effondrement et de l'insolvabilité.

Les quatre révélations les plus choquantes de la plainte

Sur les 52 pages du document, quatre points se distinguent par leur gravité :

1. Le passé trouble de Chase Herro

Le cofondateur de World Liberty Financial, Chase Herro, est au cœur des accusations. La plainte évoque un passé judiciaire chargé : une condamnation à la prison, des pratiques commerciales douteuses et son implication dans un protocole DeFi victime d'un piratage en 2024 ayant entraîné la perte de la quasi-totalité des fonds.

Le document révèle également l'existence d'un site web, ChaseHeroScam.com, créé par d'anciens partenaires mécontents. Bien que le site soit inactif au moment de la publication, la plainte s'appuie sur des publications référencées. Herro aurait également fait l'objet de quatre saisies fiscales et d'une confiscation immobilière en Floride.

Une autre allégation concerne ses liens présumés avec Jeffrey Epstein, propriétaire de l'île privée Little Saint James. La plainte affirme qu'Herro aurait « publiquement vanté » avoir visité cette île, sans fournir de preuves.

2. Des mises à jour secrètes du token WLFI

Les détenteurs du token de gouvernance WLFI de World Liberty Financial n'avaient aucun contrôle sur la gestion de l'entreprise, mais pouvaient voter sur les mises à jour technologiques. Selon Sun, les dirigeants ont enfreint cette règle en procédant discrètement à deux mises à jour l'année dernière.

Ces modifications, réalisées sans consultation ni information des détenteurs de tokens, auraient donné à World Liberty Financial le pouvoir de geler et de saisir les tokens WLFI. Sun qualifie cette décision d'《apocalyptique》 et souligne qu'elle n'a été rendue publique que via la blockchain, sans alerte explicite.

3. Une entreprise au bord de la faillite ?

La plainte décrit World Liberty Financial comme une société en difficulté financière, au bord de l'effondrement et de l'insolvabilité. Bien que ces allégations relèvent en partie de la spéculation, elles alimentent les critiques contre l'entreprise, déjà sous le feu des investisseurs mécontents et des législateurs de l'opposition.

4. Une stratégie de diversion ?

En réponse à la plainte, un porte-parole de World Liberty Financial a renvoyé vers des déclarations sur les réseaux sociaux de ses cofondateurs. Le PDG Zach Witkoff a qualifié la procédure de « tentative désespérée de détourner l'attention des propres manquements de Sun ».

Chase Herro, quant à lui, n'a pas directement répondu aux accusations. Il a partagé un poème de Rudyard Kipling sur la persévérance et la citation de Witkoff, concluant : « Construire n'est jamais facile et souvent semé d'embûches, de triomphes et d'échecs dans un labyrinthe à traverser. »

Réactions et perspectives

Cette bataille juridique s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les acteurs des cryptomonnaies et les régulateurs. Les accusations de Sun pourraient renforcer les critiques contre World Liberty Financial, déjà sous pression.

La plainte, riche en détails explosifs, offre une vision sans concession des dysfonctionnements internes de l'entreprise. Elle pourrait également avoir des répercussions sur la réputation de ses dirigeants et de leurs associés politiques.

« Cette procédure est une tentative désespérée de détourner l'attention des propres manquements de Sun. »

— Zach Witkoff, PDG de World Liberty Financial
Source : DL News