Les États-Unis et la Corée du Sud renforcent leur coopération dans le secteur nucléaire civil, malgré un contentieux technologique récent. Ce rapprochement survient alors que Washington cherche à relocaliser son expertise nucléaire et à adopter les méthodes de gestion de projets sud-coréennes.
Un partenariat stratégique malgré les obstacles
Depuis la construction de la première centrale nucléaire des Émirats arabes unis, réalisée à temps et dans les budgets prévus, la Corée du Sud s'est imposée comme un acteur majeur dans la construction de réacteurs nucléaires, rivalisant avec la Chine et la Russie. Cette réussite s'explique en partie par l'expertise des ingénieurs américains, formés dans les années 1980 et 1990, qui ont contribué à la construction de plus de deux douzaines de réacteurs en Corée du Sud.
Cependant, un litige technologique oppose depuis des années la société sud-coréenne Korea Hydro & Nuclear Power (KHNP) et le géant américain Westinghouse. Les deux entreprises ont finalement trouvé un accord global l'année dernière, mais celui-ci interdit à KHNP de concurrencer Westinghouse sur les projets en Europe et en Amérique du Nord, une décision controversée.
Malgré ce revers, l'administration Trump a continué à encourager les investissements sud-coréens dans le secteur nucléaire américain. Cette stratégie prend désormais une nouvelle dimension avec la signature, mardi, d'un memorandum d'entente entre KHNP et la division nucléaire de Southern Company, un géant américain des services publics.
Contrairement à un accord de financement, ce partenariat se concentre sur l'échange de technologies, l'organisation d'ateliers et le partage de bonnes pratiques.
« Cet accord devrait offrir aux ingénieurs de KHNP l'opportunité d'élargir leurs horizons à l'échelle mondiale et de donner un nouvel élan au système d'ingénierie national. »
Kim Young-seung, directeur de la division ingénierie de KHNP
Il a ajouté : « Nous continuerons à tout mettre en œuvre pour perfectionner le système d'ingénierie coréen grâce à une coopération étroite avec les opérateurs étrangers et les organisations internationales. »
L'EPA propose d'accélérer les constructions industrielles sans permis d'air
Parallèlement à ce rapprochement nucléaire, l'Environmental Protection Agency (EPA) a proposé une mesure visant à accélérer la construction de centres de données, de centrales électriques et d'autres installations industrielles. Selon cette proposition, ces projets pourraient commencer les travaux avant même d'obtenir les permis d'air fédéraux requis.
L'EPA justifie cette décision en affirmant qu'elle permettrait de « flexibiliser la construction des composants ou structures non émetteurs », comme les dalles de ciment, les câblages, les tuyauteries et les structures de support.
« Cette proposition vise à apporter des solutions aux problèmes qui ont retardé des infrastructures américaines essentielles et à faire avancer la prochaine grande frontière technologique. »
Lee Zeldin, administrateur de l'EPA
Il a également déclaré : « Grâce à une réforme pragmatique des permis, l'EPA Trump répare le système défaillant d'ingérence gouvernementale, tout en stimulant l'innovation et la croissance économique. »
Cette proposition s'inscrit dans une série de mesures visant à simplifier les procédures administratives pour les projets industriels, dans un contexte où les États-Unis cherchent à renforcer leur indépendance énergétique et technologique.