Le New York Times a pris la défense cette semaine de son photographe de guerre Saher Alghorra, lauréat du Pulitzer 2026 dans la catégorie « actualité immédiate » pour ses images documentant la famine à Gaza. Ces clichés, qui ont marqué l’opinion publique, ont suscité des critiques, notamment des accusations de mise en scène et de liens présumés avec le Hamas.
Une défense ferme du journal
Meaghan Loorma, directrice de la photographie du New York Times, a salué le travail d’Alghorra dans un communiqué :
« Couvrir un conflit est un défi pour tout journaliste. Mais Saher ne se contente pas de documenter cette guerre, il la vit au quotidien, affrontant les mêmes dangers et difficultés que ceux dont il capture avec tant de compassion les souffrances. Malgré des conditions inimaginables, il s’investit chaque jour dans sa mission. »
Elle ajoute : « Saher s’est entièrement consacré à ce travail, devenant un véritable correspondant visuel. Ses photos et ses reportages sont puissants, et il a appris à filmer et à transmettre des vidéos pour offrir à nos lecteurs des récits encore plus immersifs. Je suis si fière de lui et de son travail. »
Une polémique précédente sur une photo controversée
Le prix Pulitzer d’Alghorra intervient après une polémique l’été dernier concernant une photo jugée trompeuse. Publiée dans un article intitulé « Les Gazaouis meurent de faim », cette image montrait le dos d’un enfant de 18 mois, Mohammed Zakaria al-Mutawaq, visiblement atteint de malnutrition. Le journal avait initialement omis de préciser que l’enfant souffrait de problèmes de santé préexistants, ce qui accentuait son apparence émaciée.
Des critiques avaient alors accusé Israël de priver délibérément les Gazaouis de nourriture. Le New York Times a corrigé son article cinq jours plus tard, après que la photo eut largement circulé sur les réseaux sociaux. L’éditorial a alors précisé :
« Cet article a été mis à jour pour inclure des informations sur Mohammed Zakaria al-Mutawaq, un enfant de Gaza souffrant de malnutrition sévère. Après publication, le New York Times a appris de son médecin que Mohammed souffrait également de problèmes de santé préexistants. »
Des accusations infondées selon le journal
Ces critiques ont été relancées à l’occasion de l’attribution du Pulitzer. Certains observateurs, comme HonestReporting, une organisation spécialisée dans la détection des biais anti-israéliens dans les médias, ont remis en cause la légitimité du prix. Dans un tweet, le groupe a affirmé que le lauréat avait bénéficié de scènes mises en scène, d’un récit fabriqué sur la famine et d’un accès privilégié aux terroristes du Hamas.
Le New York Times a répondu sans ambiguïté :
« Saher Alghorra a documenté des centaines d’enfants affamés et malnutris à Gaza, réalisant un travail de photojournalisme périlleux pour que nos lecteurs puissent voir les conséquences de la guerre. Ces attaques contre son travail sont infondées. »
Un photographe sous le feu des projecteurs
Malgré les polémiques, Alghorra reste un témoin clé du conflit à Gaza. Ses images, souvent publiées en première page, ont contribué à sensibiliser l’opinion internationale sur la crise humanitaire dans l’enclave palestinienne. Le New York Times réaffirme ainsi sa confiance en son reporter, soulignant son courage et son engagement malgré les risques encourus.